En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts.

En Inde, la "Mère des arbres" centenaire

"C'était mon destin de ne pas avoir d'enfants... Alors j'ai planté des arbres"

Ecrit par Antoine Lebrun Publié le 23 nov. 2016

En Inde, la "Mère des arbres" centenaire

Se nourrir de ses échecs. Mariée depuis 25 ans, Saalumarada Thimmakka est diagnostiquée infertile. Un terrible coup dur que l’indienne et son mari prennent avec philosophie. A défaut d’avoir des enfants, ils auront des arbres. Résultat : aujourd’hui âgée de 105 ans, celle que l’on surnomme la "Mère des arbres" a planté 384 arbres au cours de sa vie. Et malgré la mort de son mari. La rage au ventre.

Les plus grandes histoires peuvent naître des plus grandes peines. Rassurez-vous, on n’a pas décidé de vous offrir un cours de philosophie forcé. Cette maxime caractérise à la perfection l’histoire de Saalumarada Thimmakka et vous allez vite comprendre pourquoi. Après 25 ans de mariage, Saalumarada et son époux Sri Bikkala Chikkayya n’ont malheureusement jamais réussi à avoir d'enfant. Une infinie tristesse qui peut, dans certaines sociétés rurales d’Inde, être perçue comme un déshonneur et provoquer le rejet de la femme. Mais fort heureusement, notre histoire est un chouilla plus gaie. 

Issus de familles pauvres et enchaînant les petits boulots, Saalumarada et Sri Bikkala décident alors de prendre la nouvelle avec philosophie et force de caractère. Puisqu’ils ne peuvent pas avoir d’enfants, ils donneront la vie d’une toute autre manière : en plantant des arbres. 

C’était mon destin de ne pas avoir d’enfants. En conséquence, nous avons décidé de planter des arbres, de les élever et d’être l’objet de bénédictions. Nous avons traité les arbres comme nos enfants Saalumarada Thimmakka pour CNN

Quatre kilomètres de "progénatures"

Pourquoi les arbres ? D’abord par amour pour la nature. Ensuite parce que le village de Kudur, dans lequel vivent nos deux tourtereaux, se situe dans le sud de l’Inde, dans l’une des régions les plus arides du pays. Motivés comme jamais, Saalumarada et son mari commencent alors à semer les premières graines de figuiers des banians - une espèce caractéristique de l’Inde - le long des 4 kilomètres de route séparant Kudur du village voisin de Hulikal. Une fois leur journée de labeur à la ferme achevée, les amoureux se ruent sur les seaux d’eau et filent s’occuper de leurs progénitures vertes. 

En 1965, le travail sans relâche finit par payer : la courageuse se voit remettre le National Citizen Award, un prix honorifique indien. Une première récompense qui marque le début de la reconnaissance pour l’action hautement symbolique du couple et qui vaut à Saalumarada le surnom de "Mères des arbres". 

Quand l’arbre porte ses fruits

Mais en 1996, Saalumarada Thimmakka doit faire face à une nouvelle épreuve avec la disparition de son mari. Alors âgée de 85 ans, Madame noie son chagrin dans la terre en plantant toujours plus. Un acharnement qui nous amène 20 ans plus tard. Saalumarada a alors 105 ans, plus toutes ses dents mais 384 "enfants" dans la besace. Une descendance qui fait sa fierté. 

Je suis très heureuse de voir tous mes enfants. Nous avons soigné les arbres avec amour et je suis heureuse et fière

Aujourd’hui soutenue par toute une fondation de sensibilisation à la question environnementale portant son nom, Saalumarada Thimmakka est devenue un symbole à elle seule. Et qui dit symbole dit aussi responsabilités. Et ses responsabilités, la centenaire les assume totalement en prêchant la bonne parole à qui veut bien l’entendre. 

J’ai une suggestion à faire à tout le monde : nous sommes nés en tant qu’êtres humains et nous mourrons en tant que tels, mais pour vivre nous devons préserver la nature. Nous ne pouvons pas vivre sans l’environnement

Qui a dit que l'infertilité empêchait la progénature ?


Sur le même thème : 50 millions d'arbres plantés en 24h : nouveau record indien

Source image : © Wikiwand / Thimmakka Foundation

Récompensez ce chroniqueur par un like !
Dossier Droit dans mes bottes

Rejoins le projet Hellodemain et fais partager aux autres tes découvertes

Je participe


Rejoins le projet Hellodemain
et fais partager aux autres tes découvertes

Je participe