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La poulette serait-elle l'avenir de l'homme ?

Élever des poules, le nouveau plaisir en milieu urbain qui ne manque pas d'avantages

Ecrit par Valérie Coat Publié le 29 nov. 2016

La poulette serait-elle l'avenir de l'homme ?

ENVIRONNEMENT - Élever des poules en ville, c'est possible. Cette tendance venue d'Outre-Atlantique - eh oui une de plus - attire de plus en plus de Français. Trois associations parisiennes se sont lancées dans cette aventure séduisante et avantageuse. Avoir des poules pondeuses est économique et écologique. Mais le plaisir dans tout ça ? Focus sur ces " poules de luxe " de la capitale follement attachantes !

Qui a eu cette idée folle ?

L'idée d'aménager un coin de verdure laissé à l'abandon ou une partie de terrasse en poulailler nous vient des New-Yorkais et des Chicagoans, tout aussi férus d'air pur que de campagne. Né en 2010, ce nouveau concept, n'a eu de cesse de prendre de l'ampleur en France. Elles ont décidément la côte les cocottes. On en veut pour preuve : 50 000 volailles ont été vendues en 2015 à des particuliers, contre 40 000 en 2013. Dingue 150% d'augmentation en 5 ans selon les jardineries Truffaut !


Un élevage qui a la... cot'

Cette nouvelle tendance fait donc de plus en plus d'émules et inspire les Parisiens qui rêvent désormais de produire leurs œufs bio pour avoir le plaisir de les déguster. Frais, à la coque ou au plat... c'est juste un délice. Vous sentez que la campagne vous gagne aussi ? Alors rien de plus facile !

Quelques règles élémentaires doivent néanmoins être respectées pour le bien-être de la poule: un minimum d'espace (10 m2 par poule est idéal), une alimentation variée (1/3 de céréales et 2/3 de déchets alimentaires) et suffisamment d'eau... Sans omettre la sécurisation de son habitat car aussi curieux que cela puisse paraître, la ville regorge de prédateurs (fouine, chien, renard etc.), très friands de ses œufs et de sa chair.

Docile comme un chien, ce gallinacé - qui a une durée de vie moyenne de 10 ans - reste un animal domestique... grégaire. Eh oui, il a besoin de vivre dans un groupe hiérarchisé. Étonnant, non ? Allez pour être incollables sur le sujet, on vous emmène dans trois poulaillers situés à Paris et on vous donne tous les conseils et les avantages à posséder des poules de luxe en ville. Voici la preuve par l’œuf !

1. Les poules " pondeuses " de Santerre (12e)

Au cœur de Paris et ses mille et une ressources (rucher, poulailler, espace vert...), Jean-Jacques Fasquel, maître-composteur, nous accueille dans le potager partagé de l'association du jardin Santerre au 107 rue de Reuilly, avec " ses poules " pondeuses : une noire, une blanche et deux rousses.

Eh non, ces poulettes de luxe n'ont pas été "baptisées" contrairement à feues Ginger, Cocotte et Henriette, les précédentes occupantes des lieux. Heureuses dans leur 100 m2 de poulailler, elles pondent et couvent en toute quiétude dans leur beau pondoir. Mais elles ont besoin d'encouragement nous explique Jean-Jacques : " Un œuf factice est placé dans leur nid pour encourager ces gallinacés à pondre ". Incroyable mais vrai, ça marche !

Elles aiment leur petit confort, les coquines. C'est pourquoi elles choisissent de préférence un endroit sombre (l'idéal est de l'aménager en hauteur comme lorsqu'elles dorment), de taille adéquate et avec une litière douillette.  Le résultat est là : une douzaine d’œufs ramassée lors de notre visite... de quoi faire une jolie omelette pour le bénévole qui gère le poulailler cette semaine. Miam, miam, miam.

Jean-Jacques Fasquel rajoute : " Choisissez 2 poules ayant 6 mois de différence, elles pourront pondre en alternance ". Vous avez compris qu'avoir un poulailler en ville vous permet d'avoir des œufs bio et frais presque tous les jours. Leur goût étant extrêmement savoureux, ce serait vraiment dommage de s'en priver.

Si les poules peuvent se passer de vous jusqu’à quatre jours – en préparant des graines et de l’eau à l’avance - la donne se complique pendant les vacances ? Au jardin Santerre, le casse-tête chinois est résolu : un planning est établi pour permettre aux locataires bénévoles de s'organiser et de s’acquitter de la corvée nourriture et nettoyage chaque semaine. Prêt à relever le défi ?

Cette bonne nouvelle peut vous motiver davantage. Ces "demoiselles" - arrivant à maturité vers 6 mois - pondent entre 150 et 300 œufs par an selon les races. [Bon, on est loin du record de ponte détenu par une poule Leghorn blanche du collège d'agriculture de l'université du Missouri ,371 œufs en 365 jours, soit une moyenne de plus d’un œuf par jour en 1979, mais quand même, ndlr ].

Quand on sait qu'une boîte de 6 œufs fermiers coûte entre 2 et 3 euros l'unité, qu'aucun emballage, ni transport ne sont nécessaires, l'économie est réelle. N'est-ce pas de vrais poules aux œufs d'or ?

Où les rencontrer ?

2. Les poules " recycleuses " du Ruisseau (18e)

Rue du Ruisseau dans le 18e arrondissement, à proximité de la porte de Clignancourt : s’élèvent du fond du poulailler les gloussements et caquètements de la basse-cour. Difficile d'imaginer un poulailler fait maison dans " ce site réhabilité et transformé en un véritable jardin d’Eden en milieu urbain "  nous confie Marine de l'association des Amis du jardin du Ruisseau, qui poursuit : " les quais de la gare d’Ornano ont été utilisés pour y faire pousser des végétaux, des légumes, des fruits et des fleurs. " 

Après quelques mésaventures il y a un an et demi avec un chien et une fouine qui ont décimé le poulailler, les nouvelles locataires - ayant investi les lieux depuis peu - attendent impatiemment leur promenade matinale. Lâchée, Dora, la poule Sussex (blanche au collier noir) est fière. Elle explore les alentours de son territoire avec ses congénères et ça dépote !

Le jardin du Ruisseau recèle des trésors de nourriture pour Dora et ses copines poulettes. Friandes de limaces, vers de terre, escargots, chenilles, insectes, larves et autres nuisibles en tout genre, elles sont un atout pour votre potager, [Les poules sont également un puissant allié des ruches infestées par le frelon d'Asie, prédateur très virulent des abeilles, ndlr ]. En outre, plus besoin de désherber (ou presque), elles adorent manger les mauvaises herbes et tondre le peu de pelouse.

De véritables ventres sur pattes mais tellement jolis, ces gallinacés grattent toujours la terre après plusieurs heures de balade et picorent sans cesse de petits cailloux, Mais pourquoi donc les mangent-elles ? Vous connaissez l'expression : " quand les poules auront des dents... " eh bien, ce n'est pas demain la veille. Les pierres stockées dans leur gésier facilitent ainsi le broyage des aliments.

Moins d'insecticide et moins d'engrais dans votre jardin, les poules vous permettent de manger plus sainement. Mieux, leurs fientes servent de fertilisant naturel, riche en azote (attention environ 50 kg de déchets par an à recycler tout de même). Vrai bonus pour votre porte-monnaie et la planète, c'est chouette !

Marine prend dans ses bras la poule Rousse, de race fermière - prénommée France Gall en hommage à la chanson Résiste de la chanteuse du même nom ; France, loin d'être dominante dans la hiérarchie du groupe, résiste à la basse-cour qui lui cherche des parasites dans les plumes - et nous raconte que cette dernière" est une excellente recycleuse (comme ses congénères). Omnivore, elle dévore tout ce que l'on mange et plus encore. Elle raffole des restes alimentaires comme les épluchures de pommes de terre ou de légumes ".

Et les déchets de viande et de poisson nous direz-vous ? Ne jetez pas aux ordures ces sources de protéines animales, dont elles ont besoin. Ce sera un complément essentiel, si les escargots se font rares dans votre petit coin de verdure.

Rajoutez à la ration alimentaire 100 à 150 g de graines et pensez à  incorporer régulièrement des coquilles d'huitres (idéal pour renforcer la coquille des œufs) !

Ces volatiles engloutissent tout ou presque ; soyez vigilants certains aliments demeurent interdits comme les agrumes, le chocolat (dangereux pour les animaux), la viande crue (vecteur de maladie), etc.

Ni plus ni moins qu'un compost mobile, les poules ingurgitent jusqu'à 150 kg par an de déchets organiques, soit 1/3 de la poubelle d'une famille de 4 personnes. Surprenant, non ? Si vous avez 3 poules, faites le calcul. Convaincus par cette excellente idée anti-gaspillage ?

Le jardin est ouvert au public les mercredis et samedis, on vous invite à flâner dans l'allée principale et découvrir les rosiers en fleurs au printemps ou à pique-niquer en famille ou entre amis sur les tables installées et prévues à cet effet.

Comment y aller ?

3. Les poules " tisseuses de lien " du Polero de Ravel (12e)

Le poulailler collectif comme " site de rencontre ", l'auriez-vous cru ? Au Poulero de Ravel, géré par le Centre éponyme dans le 12e arrondissement de la capitale, on est convaincus du bienfait apportés par la poule pondeuse ou d'ornement sur les relations sociales entre les habitants de Bel Air Nord.

Ayant soufflé sa première bougie en avril, le Poulero de Ravel a vu naître un engouement, non démenti, des gens du quartier pour s'occuper du poulailler. A cette occasion, " ils ont suivi une mini-formation pour devenir éleveurs bénévoles de la Rue verte. Aujourd'hui, on compte plus de 70 éleveurs " précise le site du Centre d'animation.

Un planning a été mis en place pour faciliter la gestion du poulailler et permettre aux éleveurs bénévoles de se coordonner : 5 minutes pour sortir les poules le matin dans l'enclos, 3 minutes pour les rentrer le soir, 5 minutes pour collecter les œufs et une fois par semaine ou tous les 15 jours un peu de temps pour rafraîchir la litière. L’organisation est souple. Il faut juste être prêt à se lever le matin, car les poules vivent au rythme du soleil. En fin de semaine si nécessaire, la personne responsable envoie un " compte-rendu ".

Grâce au poulailler, les habitants ont quelque chose de concret à partager. Au début les bénévoles étaient là pour les œufs frais ; aujourd’hui c’est le lien social qui est devenu important. Quand un problème se présente, ils se réunissent pour trouver des solutions.

Un coq, Zorro, a rejoint le Poulero de Ravel (ainsi que ses 4 poules et ses 3 poulets) pour les petits et les grands. Il tranquillise la basse-cour, qui pond mieux en sa présence et en vrai gentleman, il les prévient s’il y a un prédateur comme un chien ou un renard.

Force est de constater qu'elles aident à rapprocher les générations entre elles en tissant de nouveaux liens plus étroits. Les gens redécouvrent peu à peu la solidarité et le partage. Ils transmettent ces valeurs aux enfants au travers de la ferme urbaine. Le plaisir est là, évident.

Finalement, réussir à renouer des liens entre les gens du quartier dans une grande ville tel que Paris : un pari réussi. Bravo et vive les poules pondeuses !

Où se situe-t-il ?

Où trouver d'autres poulaillers dans la capitale ?

► Le Terrass-hôtel se met au green

Cet hôtel à l'angle de la rue Joseph de Maistre et de la rue Caulaincourt dans le 18ème a recours à la valorisation de ses déchets organiques en les triant. Les restes de nourriture sont donnés aux 3 poules de la fermette de l'hôtel, située dans la cour intérieure du bâtiment. Le surplus étant déposé dans le bac à compost.

► Le jardin des poules de l'Hôtel de Ville de Paris

Installé dans les 1 600 m2 dans l'espace vert de l'Hôtel de Ville depuis 2015, le Jardin des poules offre un coin de campagne aux petits et aux grands. Anne Hidalgo, la maire de Paris, considère ce jardin comme un modèle d'écologie à but pédagogique !

Découvrez pour finir notre reportage au cœur des poulaillers parisiens

C'est cotcot(ivant), n'est-ce pas ?

Source image : ©Valérie Coat - Hello Demain

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