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Le bonheur est dans la ferme urbaine de La Recyclerie

Une poule sur un mur qui picore nos déchets

Ecrit par Marine Publié le 5 août 2016

Marine

Le bonheur est dans la ferme urbaine de La Recyclerie

La Recyclerie, vous connaissez ? Cette ancienne gare ferroviaire située à la Porte de Clignancourt, à deux pas des Puces de St Ouen, reconvertie il y a 2 ans en lieu de loisirs alternatif. Café-Cantine et atelier de réparation composent ce nouvel espace, mais également une véritable ferme de 400 mètres carrés avec des animaux qui y gambadent (et y nagent) joyeusement. Vous désespériez de vous échapper de la grisaille parisienne ? Cet endroit est fait pour vous !

Paris au mois d’août, c’est un peu comme les musées un jour de soldes : désert ! C’est sans compter sur La Recyclerie qui semble avoir réuni tous les derniers parisiens en mal de vacances en ses murs. Depuis son ouverture en 2014, ce lieu est géré conjointement par une entreprise privée (pour la restauration) et une association (Les Amis Recycleurs). Le collaboratif, la circularité, l'échange, le local et bien sûr le recyclage sont au centre de ce projet innovant !

En ce mardi 2 août, le lieu continue à proposer des ateliers, comme en pleine année scolaire. Au programme ? Atelier DIY par une certaine Clémence (fabrication d’un headband en cuir) et… visite de la ferme urbaine. A cette occasion, une petite dizaine de personnes se pressent autour de notre guide du jour : Lucie. Portant une marinière et des bottes, cette dynamique blonde, ingénieure agronome, est responsable de la ferme depuis bientôt un an. Nous sommes tous impatients. C’est parti pour la découverte !

Retour à la ferme

Nous démarrons la visite par… le toit ! Que les spidermans en herbe se rassurent, le toit est parfaitement plat et donc facilement pratiquable. Entièrement végétalisé, il offre même une vision panoramique sur le quartier des alentours. Mais nous avons beau chercher, aucun fruit ou légume à l’horizon… Et oui, cet espace a été spécifiquement créé à destination des abeilles ! Ces demoiselles sont en effet confortablement logées dans trois ruches gérées par l’association des Abeilles Franciliennes, et profitent de cette prairie mellifère pour butiner à foison. En plus, ce toit végétalisé permet de réduire le ruissellement des eau de pluie et offre une excellente isolation thermique naturelle. Tout le monde en profite !

La visite continue : nous descendons de notre perchoir et traversons la grande salle centrale, le Café Cantine. Lucie en profite pour nous présenter le centre de tri mis en place pour réduire les déchets des repas. Chaque client est invité à trier les restes de son assiette qui serviront à nourrir les poules ou à enrichir le compost. Dans cette grande salle, nous remarquons aussi que le « green » a une place importante : une véritable jungle grimpe aux murs de l’ancienne gare. Cette végétalisation interne a été mise en place grâce à un système de goutte-à-goutte et de brumisateur des eaux grises de pluie récoltées. Malin !

Daisy et Minussio

Il faut maintenant braver la pluie pour entrer dans le vif du sujet. Nous filons visiter la basse-cour : 19 poules, 1 coq (en pâte, forcément) et 2 canards coureurs indiens cohabitent dans un poulailler construit avec les habitants du quartier. Ces gallinacés, véritables animaux domestiques de la ferme, occupent une place centrale dans son écosystème : ils avalent chaque jour entre 5 et 10 kgs des déchets du restaurant. En prime, ces dames pondeuses offrent gracieusement leurs 4000 oeufs produits par an aux adhérents de l’association. Quant aux canards, prénommés Daisy et Minussio, ces grands amateurs de limaces sont « les meilleurs amis du maraîcher » nous assure Lucie dans un sourire.

Juste à côté s’étire le jardin des aromates et des arbres fruitiers, qui accueille des ateliers pour enfants environ deux fois par mois. L’objectif est de les sensibiliser dès le plus jeune âge à l’agriculture saine, à l’environnement, et aux animaux. Au programme du prochain atelier : fabrication de mini potagers à base de boites d’oeufs et de leurs coquilles. Il n’y a pas d’âge pour avoir la main verte !

Préserver la biodiversité

Nous entrons à présent dans l’enceinte du potager collectif qui s’étend sur 400 mètres carrés, le long des anciennes voies ferrées de la Petite Ceinture. Dès le début du projet, Lucie nous confie « l’évidence de créer une ferme urbaine car c’était un espace incroyable de nature. Nous avons donc voulu préserver l’espace de biodiversité de la petite ceinture, tout en créant un lieu partagé pour que chacun se réapprorie la terre. » 

Ce potager « agro-écologique », comme le précise fièrement Lucie, a également été créé dans le cadre d’un chantier participatif : le défi de taille était de réaliser un potager en pleine terre. Défi relevé puisqu’aujourd’hui, une cinquantaine de plantes cohabitent à l’année dans ce potager.

Les légumes récoltés sont principalement utilisés pour la cuisine du restaurant, ou donnés aux adhérents de l’association s’ils sont en plus petite quantité. La permaculture a la part belle dans ce potager : les associations de plantes complémentaires (tomates + basilic par exemple) et les rotations longues (varier les espèces pour ne pas épuiser les sols) sont privilégiées. 

Evidemment, aucun fertilisant artificiel n’est utilisé : les bacs à compost se chargent de fournir de l’engrais naturel essentiel pour l’entretien de la ferme. Sciure de bois et marc de café provenant de partenaires locaux, mais aussi déchets organiques du restaurant servent de base au compost, qui se forme en trois étapes. Lucie ouvre les différentes trappes pour nous, nos narines en frétillent ! Etape 1 : les déchets sont encore « frais » (épluchures de bananes, coquilles d’oeufs, restes divers de nourriture…). Etape 3 : les bactéries ont fait leur travail, tout est transformé en terreau dont les plantes vont pouvoir se régaler. Après huit mois, le compost est prêt ! Pour les impatients, il existe aussi un lombricomposteur qui travaille deux fois plus vite : de petits vers, en se gavant de nos déchets, transforment la matière organique en terreau (le lombricompost). Ici, chaque habitant de la ferme est mis à contribution et fait sa part du boulot !

Aquapoquoi ?

Une étrange installation attire notre attention, quelques mètres plus loin. C’est un bassin où nagent quelques (gros) poissons rouges, et juste à côté, des plants de tomates qui s’épanouissent dans des billes d’argile… Kézako ? Lucie nous éclaire : il s’agit d’un système d’aquaponie (un mix entre aquaculture et hydroponie). En clair, cela permet de développer la culture de légumes en symbiose avec la culture de poissons, en circuit fermé. Comment ? Les déjections des poissons, riches en nitrates, sont déversées dans les billes d’argiles dont se délectent les plantes. Une fois les eaux filtrées, elles sont reversées vers le bassin des poissons, ce qui renouvelle donc leur environnement de manière naturelle. Et cela semble porter ses fruits, puisque les plants de tomates ont la pêche ! Sans compter la menthe plantée à côté qui a un goût hallucinant… Ce bassin « test », nous explique Lucie, a été fabriqué à partir de matériaux de récupération (comme 90% du lieu). Ils projettent à terme de construire un plus vaste bassin dans une serre, avec des truites d’eau douce. 

Dans ce jardin urbain, tout le groupe a hâte de mettre les mains dans la terre. Mais cette activité réjouissante est réservée aux bénévoles le vendredi après-midi. Les ateliers varient en fonction des saisons : le prochain ("En août ça pousse, pas de doute") permettra de protéger les plantes de la chaleur estivale, dans une atmosphère pédagogique et ludique. Pour plus de détails, rendez-vous sur la page de l’association.  En revanche, le potager est ouvert à tous tous les jours (de 12h à 17h). Ambiance bucolique assurée ! 


Ce spot « green » de la capitale tient définitivement toutes ses promesses : dépaysement, authenticité et connexion avec la nature sont à l’honneur ici. Alors n’hésitez plus, lâchez FarmVille et optez pour un vrai retour à la ferme.




Envie de vous mettre au vert ? Toutes les infos ici

Les visites de la ferme urbaine ont lieu les mardis à 15h. Gratuit. Sur inscription. Plus d'infos ici.

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