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Le Burkina Faso refoule le coton OGM de Monsanto

La récolte filait un mauvais coton. Alors le Burkina a décidé de tout envoyer valser.

Ecrit par Antoine Lebrun Publié le 31 oct. 2016

Antoine Lebrun

Le Burkina Faso refoule le coton OGM de Monsanto

Sept ans après l’avoir adopté, le Burkina Faso s’est rendu compte que le coton transgénique de Monsanto n’avait rien de bon. Trahi et lésé, l’Etat a décidé de renvoyer les OGM d’où ils viennent tout en demandant réparation à la firme américaine. Avec le retour du coton traditionnel, 2ème ressource du pays derrière l’or, c’est toute l’économie nationale qui entrevoit des jours meilleurs.

On a trouvé le remake de David contre Goliath : il s’appelle Burkina contre Monsanto. Alors que Bayer vient d’avaler le géant Monsanto pour devenir l’une entreprises les plus puissantes (et effrayantes) au monde, un pays on-ne-peut-plus miséreux a décidé de refouler l’entreprise de son territoire. Ce pays, c’est le Burkina Faso qui a prouvé qu’on pouvait être l’un des pays les plus pauvres au monde et résister aux entreprises les plus gigantesques. Direction les innombrables champs de coton d’Afrique de l’Ouest. 

La récolte vient de débuter mais le moral est déjà au beau fixe. Dans les travées des champs de coton burkinabé, on chante et sourit comme jamais. Un regain d’optimisme soudain dû à la décision du pays d'en finir avec les OGM de Monsanto. Le coton traditionnel est de retour et il n’y a que du bon à en tirer pour la population. On vous explique pourquoi.

De l’espoir à la trahison

Année 2009. En proie à d’énormes difficultés économiques (ce qui toujours le cas), le Burkina Faso entrevoit l’espoir en se tentant le pari dMonsanto. Drivé par les grandes sociétés cotonnières, l’ensemble des cultivateurs du sud du pays s’affairent à planter des graines de coton transgénique mises au point dans les labos américains de la multinationale. 

Trois ans plus tard, le court du coton récolté au Burkina est en chute libre. En cause, la semence Bollgard II, utilisée pour lutter contre le ver du coton, jugée trop courte et donc bien moins qualitative (une longue soie facilitant la fabrication du fil). Décoté par rapport aux autres cotons ouest-africains, le coton burkinabé ne rapporte plus grand chose et les sociétés cotonnières tirent la langue. Mais ces dernières, charmées par les semences Monsanto qui nécessitent moins de passages de pesticides et améliorent le rendement des paysans les moins bien formés, ne parviennent pas à s’en défaire. Ca ne sera que partie remise.

Le changement, c’est maintenant

2016 marque le ras-le-bol du pays. Trahi et lésé par la firme américaine, le Burkina Faso tente, d’abord discrètement, d’obtenir réparation. Mais en vain. L’Etat prend alors la mouche et réclame près de 50 milliards de francs CFA, soit 74 millions d’euros, à Monsanto pour "tromperie sur la marchandises". Il faut dire que l’or blanc du pays (deuxième ressource derrière l’or métal) a pris un sacré coup derrière la tête. Selon le nouveau directeur de la Sofitex, l’une des principales sociétés cotonnières, la mesure des dégâts oscillent entre 20 et 30 francs CFA de moins par livre de coton. 

Après avoir progressivement fait reculer le coton OGM, les sociétés cotonnières ont donc demandé aux agriculteurs de renoncer totalement au coton transgénique. Il est loin le temps où les plantations OGM représentaient 80 % des surfaces de culture. Monsanto peut désormais rentrer chez lui la queue entre les jambes. Mais la société est loin d’être sortie d’affaire et pourrait bien laisser quelques grosses plumes dans l’histoire.

Source image : ABC Burkina (Miniature) / L'Express / The Ecologist / La Croix (Photo de Une)

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