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ISET, la prise de sang qui diagnostique le cancer !

La technologie révolutionnaire a été présentée lors du festival Pint of Science

Ecrit par Antoine Lebrun Publié le 30 mai 2016

ISET, la prise de sang qui diagnostique le cancer !

La technologie ISET peut déceler le cancer par une prise de sang avant qu’il ne se développe. Une révolution dont nous a parlé l’illustre scientifique Patrizia Paterlini-Bréchot lors du festival Pint of Science qui s’est achevé mercredi 25 mai. Une alliance entre bière et science qui nous a donné un foi infinie en la recherche.

Elancée, sûre d’elle et souriante, Patrizia Paterlini-Bréchot nous a tout de suite plu. Après un bref état des lieux de la recherche sur le cancer, la scientifique nous lâche une bombe en pleine face : le cancer peut se détecter par simple prise de sang et bien avant qu’il ne se développe. BOUM ! L’assemblée ne moufte plus et boit chacune des paroles de la scientifique (en même temps que sa bière). Depuis plus de 20 ans, Patrizia Paterlini-Bréchot est portée par une immense motivation : réduire le taux de mortalité de cette fichue maladie. Chercheuse et Professeur en biologie cellulaire et oncologie à la faculté de médecine Necker-Enfants Malades (Université Paris Descartes) de Paris, elle se creuse les méninges pour trouver un moyen efficace de vaincre cette plaie. Le cancer étant une course contre la montre, la meilleure solution pour le vaincre est de le déceler plus tôt. Ça tombe bien : cette solution, l’experte l’a peut-être trouvée. Elle se nomme ISET (isolement par taille des cellules tumorales).


Détruire l’envahisseur lorsqu'il est faible

Comprendre le cancer n’est pas mince affaire. Pas de panique, Patrizia Paterlini-Bréchot a préparé son discours : "le cancer est comme un envahisseur. Il débarque d’abord dans un pays, un organe, puis il essaie d’en envahir d’autres pour, à terme, posséder tout le continent, soit tout le corps (c’est ce qu’on appelle un cancer métastasé, ndlr.)." Un processus d’invasion semé d’embûches si bien qu’avant de parvenir à ses fins et de proliférer, la maladie subit de nombreux revers. C’est pourquoi un cancer est souvent présent dans le corps entre 5 à 10 ans avant d’être diagnostiqué. C’est justement sur ce laps de temps que Patrizia Paterlini-Bréchot et ses collègues s’affairent. 


Malgré d’immenses avancées technologiques et scientifiques, il reste aujourd’hui difficile de détecter un cancer dans les temps. "40% des cancers, hors hépatites (cancers du sang, ndlr.), sont diagnostiqués avec métastases", explique la chercheuse, dans un français parfait relevé d’un subtil accent italien. Mais grâce à ISET, ce ratio pourrait s’effondrer. Et le taux de mortalité avec. Lorsque le cancer débute son processus d’invasion, bien avant que les métastases ne se forment, il disperse de nombreuses cellules cancéreuses circulantes (CCC) dans le sang. La technologie ISET isole ces cellules et les identifie de façon diagnostique, c’est à dire sans risque d’erreur. Imaginez un peu le bond en avant ! Déceler la maladie avant qu’elle ne se développe et donc au moment où elle est le plus vulnérable… Avec ISET, une opération chirurgicale pourrait alors suffire à éliminer les masses cancéreuses et sauver (au moins) des dizaines de milliers de vies. C’est d’ailleurs son objectif premier. Mais il n’est pas le seul. 


Le coût de la survie diminue

Le procédé ISET se révèle bien moins coûteux que les traitements actuels. Aujourd’hui, le test s’élève à 486 €, « une somme que nous espérons vite réduire pour le rendre accessible à tous et qu’il devienne une routine », précise Patrizia Paterlini-Bréchot. Mais ce test cumulé à l’opération chirurgicale et le suivi reviendrait environ à une somme oscillant entre 20 et 30 000 € par patient. C’est beaucoup, mais surtout beaucoup moins que les 2 ou 300 000 € nécessaires au traitement d’une personne atteinte d’un cancer du poumon. Pure folie. Alors oui, la technologie n’est pas encore tout à fait au point, mais elle change considérablement la donne : désormais, la recherche sait dans quelle direction avancer. Et ça, ça nous donne du baume au coeur.


Pint of Science, la tournée des scientifiques

Cette révolution, on n’en avait jamais entendu parler avant. Avant quoi ? Avant Pint of Science. Pint of Science, c'est un évènement organisé sur trois jours et dans le monde entier qui a pour but de rendre la science plus accessible. Et quoi de mieux qu’une bonne bière pour se cultiver ? Le concept est imparable : réunir une bande de curieux dans des bars pour des conférences à thème menées par des scientifiques triés sur le volet, le tout en s’envoyant de grandes pintes bien fraîches. La troisième édition du festival s’est achevée mercredi dernier.


Le cocktail fait des émules. Parti de Londres, le concept envahit la France en 2013. À ce moment là, Pint of Science rassemble environ 1 000 personnes, réparties dans 3 villes hexagonales. Mais le phénomène prend de l’ampleur et mobilise 2 400 l’année suivante et près de 5 000 dans 20 villes pour cette édition. Et on ne parle ici que de la France… La science et les bières s’exportent si bien que 12 pays ont aujourd’hui adopté la tendance, soit plus de 40 000 personnes à travers le monde. Avec une telle qualité et des scientifiques aussi passionnants que Patrizia Paterlini-Bréchot, on est prêt à parier cher qu’il ne s’agit que du début. 


Et comme on ne voulait pas vous laisser si vite, on vous a aussi concocter une vidéo sur le festival... Santé !

Source image : © http://nightflight.com/

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