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L’axolotl, la salamandre qui pourrait solutionner l’infertilité

L’ovaire à moitié plein

Ecrit par Antoine Lebrun Publié le 20 déc. 2016

Antoine Lebrun

L’axolotl, la salamandre qui pourrait solutionner l’infertilité

L’axolotl, ça vous parle ? Et pourtant, ce petit amphibien pourrait bien révolutionner la médecine régénératrice. Capable de faire réapparaître n’importe quelle partie de son corps, l’axolotl, espèce menacée au demeurant, a intrigué une équipe de chercheurs persuadés que cette folle capacité pourrait permettre de lutter contre l’infertilité notamment.

Nous sommes tous d’horribles sanguinaires. Que vous le cachiez ou non, on sait pertinemment que vous l’avez tous fait. Il faut dire que couper la queue d’un lézard et l’observer attendre gentiment qu’elle repousse, c’est l’un des trucs les plus marrants et inhabituel qui soit… En habitués de la torture reptilienne que vous êtes, on ne vous apprend pas grand chose en vous soufflant que les lézards mais aussi les poulpes, les crabes et les salamandres ont tous l’incroyable faculté de faire repousser un membre (voire même un organe…) sournoisement arraché. Une prouesse qui nous a toujours fasciné mais que personne n’a jamais eu le courage de tester personnellement… 

Cette aptitude complètement dingue, on la retrouve de manière exacerbée chez l’axolotl (si ça parle aux fans de Pokémon que nous sommes tous, c'est normal). L’axolotl, c’est une toute petite salamandre originaire de deux lacs d’altitude situés près de Mexico. "Eternellement jeune", cet amphibien passe sa vie à l'état larvaire (comme si une grenouille restait têtard) et peut régénérer n'importe quelle partie de son corps, des membres aux organes en passant par la colonne vertébrale. Des pouvoirs magiques qui pourraient bouleverser la vie humaine. Des chercheurs de la Northeastern University se sont attardés sur l’axolotl pour trouver le moyen de transmettre ses prouesses à l’Homme. Si les membres humains ne devraient pas pouvoir repousser de sitôt, une récente étude estime que que l’axolotl pourrait permettre de trouver des traitements contre l’infertilité. 

Un paquet de gènes similaires à l’Homme

Publiée dans la revue Stem Cells, l’étude dirigée par James R. Monaghan a observé que la petite salamandre pouvait régénérer ses ovaires et produire des ovules tout au long de sa vie. 

Quand nous supprimons une grande partie de l’ovaire, cela active de nombreuses cellules souches endogènes pour réparer cet ovaire. Ces salamandres peuvent se régénérer après une blessure et produire de grandes quantités d'ovules grâce à un système de reproduction femelle très prolifique. C'est assez incroyable James Monaghan

Mais ce qui change vraiment la donne et pousse à l’optimisme, c’est ce qui suit…

La plupart des gènes qui sont impliqués dans les cellules souches du système ovarien chez les humains sont également présents dans les cellules souches ovariennes de ces salamandres

Si le transfert de compétences est encore bien loin d’être garanti, les chercheurs tentent désormais d’identifier les signaux biologiques responsables de l’activation de ces cellules souches et donc de la régénération. Prochaine étape : les reproduire chez un animal modèle comme la souris. 

Une révolution (loin d’être) en marche

Mais deux facteurs pourraient rendre ce transfert impossible. Le premier, nous en sommes responsables : l’un des deux cours d’eau dans lesquels vit l’axolotl s’est retrouvé asséché en alimentant la capitale en eau potable pendant que l’autre souffre également de la pollution ambiante. Et comme si l'animal n’était pas assez menacé comme ça, les Mexicains ont eu la chouette idée d’introduire de gros poissons dans leur habitat, un prédateur supplémentaire pour une espèce qui se meurt. 

La seconde, c’est le généticien Axel Kahn qui l’aborde dans "Le secret de la salamandre" (2005). Pour lui, le processus d’évolution aurait rejeté la régénération chez les espèces complexes, en particulier les mammifères terrestres, au profit de la cicatrisation. Question : Peut-on conjuguer cicatrisation et régénération sur un même individu ? Car en tentant de stimuler la régénération des ovaires chez la femme, la science risquerait d’altérer les capacités de cicatrisation de celles-ci. 

Si l'on coupe la patte d'un axolotl, il va pouvoir continuer de nager et de se nourrir normalement pendant toute la période de régénération qui peut prendre plus d'un mois. Mais, chez les animaux terrestres, il n'est pas avantageux de rester avec une plaie ouverte ; la cicatrisation, plus rapide que la régénération, permet d'assurer la survie Pr Stéphane Roy de l'Université de Montréal

D’après ce même docteur, déclencher une régénération chez une espèce non adaptée présente notamment le risque d'avoir une prolifération cellulaire incontrôlée aboutissant au développement d'une tumeur… On va peut-être se contenter de cicatriser finalement. 


Pour en savoir plus, voici une petite vidéo d'un sujet proposé dans La Quotidienne de France 5. 

Source image : © National Geographic / Wikimedia / Wired / Curious Young Writers

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