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L'odeur du poulet pour éradiquer le paludisme

Le moustique a du plomb dans l'aile

Ecrit par Antoine Lebrun Publié le 28 juil. 2016

Antoine Lebrun

L'odeur du poulet pour éradiquer le paludisme

Le monde regorge de génies. Et le cerveau de ces génies ne fonctionne décidément pas comme le nôtre. Nouvelle preuve en Ethiopie où des chercheurs ont découvert que le moustique à l’origine du paludisme (soit la maladie la plus mortelle qui soit) avait une peur bleue…des poulets ! Le pire des insectes ne serait donc qu’une poule mouillée. #ironiedusort

Du poulet pour éradiquer la pire maladie du monde ? Ca se pourrait bien… Des scientifiques éthiopiens ont découvert que l’odeur du poulet débectait et repoussait le moustique à l’origine du paludisme (ou malaria, selon votre préférence). On ne parle pas d’une simple angine hein, mais de la maladie la plus mortelle de la planète, avec plus de 750 000 morts chaque année et quelques 200 millions de cas (d’après l’OMS). Le volatil pourrait donc bien sauver l’Afrique. Une nouvelle qui a la côte. 

Ca vous démange comme une piqûre d'insecte : vous vous demandez ce qui a bien pu se passer dans la tête du type qui a permis cette trouvaille. On a longtemps essayé de deviner mais c’est en fait tout simple. L’étude publiée dans la revue médicale Malaria Journal (on vous laisse deviner de quoi parle ce journal) explique que l’équipe dirigée par Habte Tekie, professeur d’entomologie à l'université d’Addis Abeba, a constaté que le moustique Anophele arabiensis s’acharnait sur hommes et bétail en même temps qu’il épargnait les poulets. Une alektorophobie (peur des poulets, donc) caractérisée qui s’explique. 

Le poulet, ce terrible prédateur anti-moustiques

Pourquoi une telle crainte ? D’après Habte Tekie, "le composé chimique du poulet a un fort potentiel de répulsion". Un facteur qui avance une hypothèse : considérant le poulet comme un prédateur susceptible de le dévorer, le moustique cherche par tous les moyens à l’éviter. L’insecte le plus meurtrier au monde serait donc une flippette… Sa funeste réputation en prend un sacré coup. 

Menés dans trois villages de la région Oromo, dans l’ouest de l’Ethiopie, les travaux sont simples comme bonjour : dans plusieurs foyers, les chercheurs suspendent une cage contenant un poulet juste à côté de la moustiquaire. Le matin venu, ils constatent que les pièges à moustiques sont vides contrairement à ceux placés dans les habitations sans cage à poulet. 

Dormir avec le coq est donc LA solution contre le palu’ ? Non et heureusement. Les scientifiques éthiopiens ont renouvelé l’expérience avec des fioles d’extraits d’odeur de poulet… Résultat identique et expérience qualifiée de "très encourageante". Roule ma poule.  

L’Histoire en marche

Le stade de la découverte passé, le plus dur est désormais à venir. L’équipe éthiopienne a mis en place une collaboration avec une université suédoise. Objectifs : développer et tester la meilleure essence de synthèse possible. "Ce répulsif sera sans danger pour l’usage humain et sans résidus susceptibles de contaminer le sol, l’eau ou d’empoisonner les gens, rassure Habte Tekie. Il peut être facilement intégré dans la prévention de la malaria. Ce produit est entièrement naturel et la chance de voir le moustique développer une résistance est minimale." Il faut au moins ça pour venir en aide aux 60% de la population éthiopienne menacés par la maladie. La poule aux oeufs d’or. 

Source image : © Fuzfeed

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