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Thierry, un dog-sitter en skateboard à Paris

Pour le bonheur des chiens, Thierry la joue freestyle. On a suivi un dog-sitter partout dans Paname.

Ecrit par Alexandre Broutart Publié le 6 févr. 2017

Thierry, un dog-sitter en skateboard à Paris

Pour sortir les chiens quand les maîtres travaillent, les parisiens du 2ème et 10ème arrondissement font appel à Thierry, dog-sitter à plein temps. Pour vous, Hello Demain l'a suivi trois jours durant, dans les rues de Paris, à pleine vitesse...

L'adorable métier de dog-sitter ne vient pas d'ailleurs que de... New York. Oui, tout de suite on comprend mieux. Là-bas les maîtres sont plus soucieux du bien-être de leur compagnon préféré, et font fréquemment appel à un professionnel pour lui offrir un peu de dégourdissement de pattes, "et surtout du lien social, puisqu'il y a plein d'autres chiens", nous explique Thierry, dog-sitter depuis quatre ans. Le nom de "dog-sitter", vous l'aurez compris, étant une analogie au métier de baby-sitter, sauf que là, ce ne sont plus simplement des monstres qu'il faut se coltiner, mais bien des monstres poilus.

Tous les matins, Thierry (dit "Titi"), sort de chez lui à 9h15 pétante, muni de son vélo de compétition ou de son skateboard, ses deux autres passions en dehors des chiens. C'est là que la grande aventure matinale commence. De rues en rues, le dog-sitter frappe aux portes de ses clients qui lui confient leurs "précieux". Naturellement, Thierry les appelle chacun par leur petit nom, et connaît parfaitement toutes leurs habitudes... ainsi que tout leur gros défauts : celui, trop gâté par ses maîtres, qui ne veut pas être arnaché et joue constamment au chef de meute par exemple, sans parler de celui qui mime des pauses-pipi toutes les cinq minutes, sans pour autant mener à terme son action. "Juste histoire de voir si mon dog-sitter fait attention à moi", en somme.

Ma chienne me sert de trait d'union entre tous les autres. Elle est attentive au bon déroulement de la sortie et m'aide. Il faut des régulateurs dans une meute, comme chez les loups. Bien-sûr il a fallu lui apprendre. Mais je tiens quand même à laisser la place à l'interaction entre les chiens. C'est très important pour moi et c'est aussi pour cela que les gens me les confient.

Pour que nous nous fassions une idée de l'aventure, Thierry nous invite à le suivre sur l'une de ses tournées matinales, en vélo. Car il faut suivre : de 9h30 à 12h30 c'est slalom dans les rues de quartier, il faut surveiller les chiens de très près, et puis il y a un planning de chiens à aller chercher à une heure très précise... Subjugués par tant de savoir-faire et tant de passion, nous demandons la permission de revenir le lendemain, puis le sur-lendemain. Au troisième jour, "titi" troque son vélo contre un skateboard, "parce qu'il y a des chiens trop lents" cette-fois là.

Petite démonstration :

Thierry n'a pas toujours été promeneur. Avant, il était coursier. Pourtant sans le savoir, il avait déjà des talents de dresseur canin, avec son propre chien Alpha. 

Moi je pensais que ce chien était surdoué. Jusqu'à ce qu'on me dise que je l'avais élevé, en fait, à la façon des pros. C'est que j'ai toujours adoré les chiens, et le mien je l'emmenais déjà partout où j'allais, c'était naturel pour moi.

Avant d'en arriver là, le maître-dresseur qui s'ignorait a d'abord enchaîné les petits jobs, et les galères. Puis, un beau jour, il fait la rencontre de Koffi, un dresseur hors pair qu'il aperçoit dans Paris, promenant une dizaine de chiens à la fois, sans sourciller.

C'est lui qui m'a tout appris, je lui dois tout. Quand je l'ai vu pour la première fois j'étais sans voix. C'est ça que je voulais faire. Rapidement il m'a pris sous son aile et je l'ai accompagné, pour apprendre. Ensuite j'ai passé des certifications, et aujourd'hui je fais ce que j'aime. C'est ma passion. Le soir quand je rentre, j'ai du mal à décrocher, je peux pas m'empêcher de repenser à ce que j'ai mal fait pendant la journée...

Aujourd'hui Thierry et Koffi travaillent ensemble, et avec Virginie Barbarin pour la partie communication, ils ont leur propre société, "Alpha Dogs House". Et ça marche plutôt très bien : bientôt ils ouvriront leur pension pour chiens et chats dans le Loiret. Trois hectares de terrain pour gambader, des boxes pour les plus durs à cuire, des "cours d'éducation" et des promenades à n'en plus finir. Le rêve quoi.

 

D'ailleurs "Titi" n'en peut plus d'attendre, en grande partie pour retrouver la pleine nature, un peu comme celle de sa Martinique natale, dans le tout petit village de Grand Rivière où il n'y a guère plus de 900 habitants.

Toujours très empreint d'une humilité déroutante, Thierry, accoudé à une table du café O'Caire dans le 2ème arrondissement (leur repaire avec les autres de l'équipe), ajoute :

Il n'y a jamais rien qui est acquis. Il ne faut jamais croire que c'est fini, qu'il n'y a plus rien à faire, que c'est gagné.

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