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Opération moineaux : Paris va nous offrir des nichoirs

Après Edith, les autres piafs ont du mal à faire leur nid à Paris

Ecrit par Antoine Lebrun Publié le 11 oct. 2016

Opération moineaux : Paris va nous offrir des nichoirs

C’est un fait : le moineau, pourtant emblématique de la ville de Paris, a pris son envol. Importance pour le bien-être des habitants, la présence du piaf a été divisée par 5 lors des 50 dernières années. Une tendance que la mairie a décidé d’inverser en offrant des nichoirs aux Parisiens. L’ornithologue qui sommeille en vous peut se réveiller.

Ils sont petits, mignons comme tout et leur chant ferait passer Paris pour un petit village de campagne. Mais ils ne seront surtout bientôt plus là. Depuis quelques années, les moineaux fuient progressivement la capitale à la recherche d’un air plus propice.

Et ça, la mairie de la ville ne l’accepte pas. Sur une proposition du groupe écologiste, le Conseil de Paris a décidé, le 4 octobre dernier, d’offrir des nichoirs à moineaux et des arbres aux particuliers, syndicats de copropriétaires et bailleurs disposant d’un jardin. Une mesure qui fait écho au plan de végétalisation de la capitale et qui envisage de multiplier les lieux de nidification pour les moineaux dans les espaces verts. 

Paris, la ville du Piaf

Une décision soudaine justifiée ? Un peu mon neveu ! D’après plusieurs études du Centre ornithologique Île-de-France (Corif) et de la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO), les moineaux domestiques ont déserté Paris et c’est tout sauf une bonne nouvelle. Un phénomène déjà observable à Londres où la population des moineaux a chuté de 70 % par rapport à 1995 (chiffres du British Trust of Ornithology - BTO).

On ne sait pas si le moineau parisien est en train de disparaître mais on sait que sa population est estimée [actuellement] dans Paris intra-muros à 5 000 ou 10 000 couples contre 43 000 en 1962 ! Olivier Paikine, ornithologue interrogé par l’Humanité

Alors que s’est-il passé pour que le symbole de la ville prennent les ailes à son cou ? Si les raisons sont nombreuses, la plus préjudiciable semble être la rénovation urbaine toujours plus présente qui dépossède, peu à peu, les piafs de leur nids douillets. 

Arbres silencieux, habitants malheureux

Moins de moineaux dans nos villes, d’accord. Et alors ? D’après les études, la présence de la nature et d’animaux sauvages améliorerait la qualité de vie en milieu urbain. Moins on en a, moins on se sent bien. Mais ça n’est pas tout...

Le moineau "est un bon indicateur de l’état de santé des populations vertébrées dans un milieu urbain, souligne Frédéric Angelier, chercheur au centre d’études biologiques de Chizé (Deux-Sèvres). Il a des axes hormonaux, un phénomène de vieillissement des organes proches de l’humain. Il est aussi inféodé au milieu urbain, il est donc frappé de plein fouet par ses conditions. Si les moineaux souffrent de la pollution, on peut imaginer que ça se répercute à terme sur l’homme."

Un caractère indispensable qui justifie la classification du volatile comme "espèce protégée" par un arrêté du 29 octobre 2009. En élève obéissant, la mairie de Paris a accepté de suivre les recommandations des experts qui conseillent de planter des arbres tout en installant un maximum de nichoirs. Votre balconnet va bientôt prendre une toute autre allure.

Source image : © Valoo / Bibles et Nombres / Reverseau / La Dépêche / Europe 1

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