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3 start-up françaises qui changent les poubelles en or

"Le déchet va devenir la matière première du 21e siècle"

Ecrit par Alexandre Broutart Publié le 16 sept. 2016

Alexandre Broutart

3 start-up françaises qui changent les poubelles en or

La loi française sur le gaspillage alimentaire adoptée cette année interdit aux industriels de la grande distribution de jeter les invendus alimentaires. Une mine d'or pour ces trois start-up françaises qui se sont creusé la tête, convaincues que le déchet va faire l'économie de demain.

Depuis que le projet de loi sur le gaspillage alimentaire a été adopté et publié au Journal Officiel, les règles du jeu ont changé pour les commerces d'une superficie supérieure à 400 m2. Jeter des tonnes d'aliments encore comestibles est désormais passible de sanction, tout comme rendre volontairement ces mêmes denrées impropres à la consommation (vous avez entendu parler, de ces grandes surfaces - aïe - qui déversent de l'eau de Javel sur leurs poubelles, pour éviter toute récupération).

Bon, l'amende encourue est dérisoire (3700 euros), mais c'est un début. D'autant que ces grandes surfaces ont désormais l'obligation de trouver des partenariats avec les associations caritatives qui redistribuent les invendus. Magnifique ! Si le bâton est un peu faible, la carrotte de l'incitation est, elle, bien au rendez-vous : le don d'aliments est désormais déductible à 60% de leurs impôts, jusqu'à 1 point de leur chiffre d'affaires.

Mais il y a un petit hic :

Il n'y pas les infrastructures nécessaires pour que cela marche vraiment. Les associations humanitaires ne peuvent pas faire face : la loi demande de mettre à disposition les denrées alimentaires à J-1 (avant leur date de péremption), donc les petites structures ont 24 heures pour aller chercher les aliments et les redistribuer... Ce qu'elles n'ont pas les moyens de faire. Du coup elles refusent le don et les denrées sont toujours jetées.

... nous explique Aladdin, le fondateur du restaurant parisien Freegan Poney qui récupère les aliments arrivés à terme pour en faire de bons plats, et dont nous vous reparlerons très prochainement.

Heureusement, trois start-up ont fait marcher leur cerveau et leur réseau, pour trouver des solutions à ce problème qui nous empêche de dormir sur nos deux oreilles ! En pensant à tous ces produits qui finissent à la benne alors qu'ils auraient pu faire des heureux...

1. Phénix joue les taxis pour les des déchets

Premier exemple, la start-up Phénix. Prenant le revers des imperfections de la loi, elle propose l'outil manquant : la logistique. Depuis la création de leur entreprise en mars 2014  Jean et Baptiste ont réussi le pari de fournir l'aide nécessaire aux associations caritatives, à travers plusieurs antennes en France. Nous sommes allés les rencontrer.

Au sein même de leurs bureaux à ciel ouvert du 17ème arrondissement de Paris, les deux fondateurs nous expliquent qu'en proposant aux commerçants de coordonner l'acheminement des denrées en interne jusqu'à la livraison chez les associations, ils réussissent même à leur donner confiance :

Une grande surface qui nous donnait à la base 5000 euros de produits, nous en donne maintenant pour 40 000 euros !

L'activité de Phénix les lie aux industriels, mais aussi aux grossistes ou aux petits magasins de proximité. En plus des denrées alimentaires, ils récupèrent et transportent également du matériel (palettes, carton, coton gratté...), pour le faire "revivre", par exemple lors de festivals.

Baptiste, entre deux bouffées de cigarette électronique, ne nous fait pas seulement part de la valeur ajoutée de sa boîte en terme d'offre et de demande, et fait aussi entrevoir que derrière tout ça, il y a un pari sur le monde à venir :

Plein de start-up sont en train de se positionner sur ce nouveau secteur, et pas seulement dans le cadre de la redistribution aux associations ou dans l'événementiel. Il va bientôt y avoir une vraie économie autour du déchet, qui va devenir la matière première du 21ème siècle : les déchets des uns sont la matière première des autres, c'est le principe même de l'économie circulaire. Dans cinq ans on fera des avions en peau de banane !

Si nous restons un peu sceptiques quant aux connaissances de Baptiste en aéronautique, nous avons envie de pousser un peu plus loin l'incursion dans cette nouvelle jungle de start-up naissantes, toujours plus amoureuses de cette économie circulaire en devenir.

2. Belle et... Re-belle

Deuxième rencontre, celle de Colette Rapp, fondatrice de Re-Belle, qui produit des confitures à partir des fruits trop mûrs pour être laissés sur les étalages, selon un procédé qui lui est propre,  en collaboration avec le traiteur Baluchon. Nous revenons avec elle sur la nouvelle loi relative au gaspillage alimentaire, et Colette nous fait un petit cours de droit :

Il y a un vide juridique sur la revente : le texte de loi ne dit rien à ce sujet, et n'interdit donc pas que nous transformions les produits pour les revendre aux consommateurs.

Les invendus alimentaires ont donc encore de beaux jours devant eux. Et comme promis, si nous allions rencontrer une troisième start-up ?

3. Too Good To Go, pour que chacun devienne un héros

To good to go, c'est la start-up qui propose au consommateur de "devenir un héros de l'anti-gaspi", et son équipe est bien décidée à vous convaincre. 

Pour cela, rien de plus simple : via une application, vous rentrez en contact avec des commerces ou des restaurants, qui vous proposeront de passer récupérer votre "pochette surprise". Tout excité par tant de mystère, vous irez récupérer votre dû pour un prix assez dérisoire, un peu comme Optimiam, dont on vous avait parlé. Selon l'enseigne choisie, vous y trouverez les plats/sandwichs/produits qui n'ont pas trouvé acquéreur durant la journée, et qu'évidemment, il faudrait jeter si vous n'étiez pas venu lutter délicieusement... contre le gaspillage !

Alors, décidés à ne pas laisser filer les déchets aux oubliettes ?

Source image : Alexandre Broutart, Videlice, Too Good To Go

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