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Comment le cacao tente de remplacer…la cocaïne

Le chocolat en poudre n’a jamais si bien porté son nom

Ecrit par Antoine Lebrun Publié le 14 déc. 2016

Antoine Lebrun

Comment le cacao tente de remplacer…la cocaïne

Le saviez-vous ? La coca et le cacaoyer poussent dans des conditions similaires. Ca tombe bien : le trafic de drogue n’a jamais cessé pendant que la production de cacao commence à battre de l’aile. Pour régler le problème, une société belge a eu le nez creux. L’idée : remplacer les champs de coca péruviens et colombiens par des champs de cacaoyers. Objectifs : relancer la production vacillante de chocolat tout en endiguant (un peu) la prolifération de la poudre.

De Pablo Escobar à Willy Wonka, il n’y a qu’un pas… Si si, vous allez voir ! Mais avant cela, parlons chiffres : selon l’organisation mondiale du cacao, la consommation mondiale de chocolat a grimpé de 7 % au cours des 5 dernières années. Digne représentante de la tendance actuelle, l’Europe est la région la plus gourmande avec près de 45 % du chocolat mondial dévoré. Et on nous dit dans l’oreillette que les fêtes de fin d’année ne devraient pas arranger grand chose… Mais face au succès toujours plus retentissant, le chocolat peine à tenir la cadence de la production. En cause : le vieillissement chronique des plantations africaines et sud-américaines ainsi que les caprices du climat. Cerise sur le gâteau, l’industrie a d’ores et déjà annoncé un risque de pénurie dans les années à venir. 3…2…1… CRIEZ !

Mais vous commencer à nous connaitre, non ? Si on en parle, c’est certainement pas pour vous arracher des larmes mais bien parce qu’il existe une solution. Et cette solution, c’est une petite entreprise belge répondant au nom sucré de Chocolero qui pense l’avoir dénichée. L’idée : remplacer les milliers d’hectares de plantations illégales de coca (on parle pas de boisson gazeuse hein, au cas où…) en vastes champs de cacaoyer. Y’a bon !

Il existe encore 140 000 hectares de plantations illégales de coca en Amérique Latine, majoritairement en Colombie et au Pérou, qui alimentent le narco-trafic. Or, les deux plantes (cacao et coca) poussent dans des conditions similaires Maximilien Duvauchelle, un des responsables de Chocolero

Du cacao plein la truffe

Depuis sa création en 2014, Chocolero s’est engagé à accompagner les coopératives agricoles d’Amérique latine oeuvrant pour le remplacement de l’arbre à coca par le cacaoyer. Et c’est tout sauf de la poudre aux yeux (ni aux nez d’ailleurs). "On s’est dit qu’il y avait là une opportunité pour remplacer la culture d’une drogue néfaste par une alternative ‘addictive’ beaucoup plus inoffensive, raconte Maximilien Duvauchelle pour UP Inspirer. De fil en aiguille, nous avons découvert les programmes dits de ‘développement alternatif’ engagés dans cette voie, essentiellement au Pérou".

Du chocolat pour lutter contre la cocaïne donc ? Si le délire semble perdu d’avance, Chocolero y croit dur comme fer. L’enseigne vient de s’implanter au Pérou où elle apporte un soutien considérable aux cultures alternatives du cacao en vendant les produits issus des récoltes sur son site internet. Des tablettes dont le prix oscille entre 2,75 et 5 euros. 

Du chocolat…en poudre

Mais dans le milieu de la poudre blanche, c’est bien souvent la demande qui créé l’offre. Et ça, les grands manitous de Chocolero l’ont bien compris. C’est pourquoi ils ont aussi décidé d’agir à un niveau plus préventif. "L’idée, c’est de ne pas agir uniquement sur la production de drogue, mais aussi sur la consommation. Dans cette optique, nous voulons aider certains organismes qui œuvrent pour la prévention et le traitement des addictions liées à la drogue."

Prochaine étape : la Mecque du trafic de drogue, la Colombie. Et pour une fois, le climat politique y semble propice au progrès. L’accord de paix tout récemment conclu entre le gouvernement et la guérilla FARC (les Forces armées révolutionnaires de Colombie) a changé la donne et laisse désormais la part belle aux politiques de substitution de la coca par des cultures alternatives et surtout légales. Peu à peu, le cacao prend le pas sur la coca. Ou quand la drogue dure cède sa place à une addiction faite de douceur et de volupté. Ce qui ne vous empêchera quand même pas de pleurnicher devant votre beau miroir, début 2017, à la vue d’une silhouette boudinée…

Source image : © Indie88 / Reuters

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