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"Le Saladier" devient "Quartier Frais" et débarque sur le marché

Entretien avec Alexandre et Romain, deux garçons qui ont la banane !

Ecrit par Antoine Lebrun Publié le 23 mars 2016

"Le Saladier" devient "Quartier Frais" et débarque sur le marché

Vous vous souvenez ? Il y a quelques jours, nous vous présentions Le Saladier, un concept de salades de fruits et légumes frais et bio proposé dans des distributeurs automatiques. Le projet dépendait alors d'une campagne de crowdfunding mise en place sur Ulule. Bonne nouvelle : les 20 000€ espérés ont été atteints et l'aventure s'accélère. Au lendemain de cette nouvelle, Hello Demain a rencontré les deux entrepreneurs porteurs de l'idée, Romain et Alexandre. Pour eux, le plus dur reste à venir.

C'est dans l'incubateur Emergence qu'Alexandre et Romain nous reçoivent. Ce grand bâtiment du 37 quai Grenelle accueille les projets de création de nombreuses start-ups.

L'ambiance y est donc  studieuse et silencieuse. Pourtant, les deux hôtes détonnent : ils sont ultra détendus et d'humeur joviale mais ça n'étonne personne.

Entourés de jeunes entrepreneurs concentrés sur leurs ordinateurs respectifs, nous nous affalons dans de gros canapés en cuir installés en plein milieu d'une grande pièce un peu désordonnée. Nous, c'est Alexandre, Romain, votre dévoué journaliste et Léo, le magnifique chiot Husky au poil gris-blanc et aux yeux bleus comme l'océan. Si Léo joue au pitre pendant quelques minutes, il finit par se calmer et laisser ses maîtres s'exprimer...


☞ Hello Demain : Bravo les gars ! 20 146 € sur un objectif de 20 000, c'était juste mais ça passe. Ca doit être un soulagement pour vous surtout quand on sait que la totalité de la cagnotte s'annule si l'objectif n'est pas atteint...

Alexandre & Romain : On est ravis ! Il manquait 3 400 € hier soir et on était sur le point de les mettre tous les deux via nos parents. On avait déjà envoyé nos chèques et Ulule nous a appelé pour nous dire que Fleury Michon avait versé ce qui nous manquait. Ca s'est vraiment fait sur le fil.


HD : Vous aviez donc une sorte de partenariat avec Fleury Michon ? Ils vous avaient contacté à la base pour investir dans votre projet ? 

A&R : En fait, Fleury Michon a lancé un appel à projets sur la thématique "Manger mieux". Ils n'ont pas encore beaucoup communiqué dessus mais ils ont tenu à s'investir dans notre projet. On était au courant de ça mais on n'avait plus trop de nouvelles donc on pensait que c'était mort. Et à la dernière minute, ils ont réagi donc c'est tombé à pic. Après, cette contribution ne nous engage à rien, on verra s'ils nous proposent quelque chose dans le futur.


HD : Et donc concrètement, maintenant que vous avez dégagé les fonds nécessaires, quel est le plan des prochaines semaines ?

A&R : On a le budget pour financer la première machine donc ça c'est super. On a aussi validé tout le packaging (bocaux en verre recyclable, ndlr.) et trouvé le prestataire pour confectionner la première machine. La stratégie maintenant c'est de nous implanter dans une entreprise pour une phase test, ce qui devrait se faire dans les prochaines semaines en banlieue parisienne (l'opération n'étant pas finalisée, impossible pour l'heure de dire dans quelle société, ndlr). Et ça, ça implique donc la machine, le camion réfrigéré à louer pour livrer les salades et boissons préparées et évidemment les ingrédients pour nos recettes. Mais on démarre sans stress puisqu'on a plus de budget que ce qu'on espérait non seulement avec la campagne Ulule mais aussi grâce à trois investisseurs privés.


Adieu "Le Saladier", bonjour "Quartier Frais"


HD : Le plan semble bien tracé mais à partir de quand Le Saladier pourra-t-il être véritablement lancé ? 

A&R : Quand on aura changé de nom... Saupiquet nous interdit de nous appeler le Saladier car ils ont un produit au nom similaire (Les Saladières, ndlr.). On a tout essayé, on a contacté leur avocat et ils ont fini par nous dire que c'était trop risqué. C'est dommage parce qu'on avait commencé à se faire connaître avec ce nom et les gens s'y étaient attachés. Mais c'est pas très grave, on va trouver autre chose.


HD : Et c'est ce contre-temps qui bloque tout pour l'instant ?

A&R : Exactement. Le nom va débloquer les statuts, puis les investissements et donc la machine qui a besoin d'environ 3 mois pour être fabriquée. On aurait aimé être prêts cet été entre juin et juillet mais du coup on prend du retard et on ne sera au point qu'en août. Sauf que le mois d'août c'est la catastrophe pour commencer, Paris est désert. Donc on a deux solutions : soit on rattrape notre retard et on est prêts en juin-juillet, soit on attend septembre


HD : Votre projet a reçu un super accueil sur les réseaux sociaux et séduit de nombreuses personnes. Vous le voyez plutôt comme une rampe de lancement ou vous envisagez d'aller beaucoup plus loin avec ?

A&R : Pour nous c'est clair et net : on veut que ça marche ! Donc on va tout faire pour, on va le pousser à fond. On a déjà planifié un plan pour les 3 prochaines années donc on est prêts. Là on se dit machine test jusqu'à fin 2016 et deux solutions pour 2017 : soit on s'auto-finance pour ne pas aller trop vite et lancer quelques autres machines afin d'avancer à notre rythme, soit on accélère le processus avec une nouvelle levée de fonds beaucoup plus importante auprès d'investisseurs privés et de banques pour ouvrir plein de machines qu'on paiera en leasing (sorte de paiement au mois, avec les recettes dégagées, ndlr.). On verra ça en fonction de la réussite de la première machine mais ce qu'on souhaite évidemment c'est de pouvoir accélérer dès l'an prochain.


"Si demain un gros s'intéresse à notre projet, il nous double en deux secondes" 


HD : Le projet est clairement au point aujourd'hui. Mais tant que rien n'est véritablement fait, vous pouvez encore vous faire doubler... Avez-vous peur de ça ?

A&R : On y pense. Si demain Selecta (leader européen du marché de la distribution automatique, ndlr.) s'intéresse à notre projet, ils le font et nous doublent en deux secondes parce qu'ils ont la technologie, l'argent et le personnel pour. On a de l'avance sur un mec comme nous qui voudrait lancer la même chose parce qu'il devra passer par toutes les étapes qu'on a déjà franchies mais si une grosse boîte s'y met ça sera fait dans la foulée. Et l'énorme différence entre un gros groupe et nous c'est qu'on va lancer une première machine et se faire petit à petit alors que la grande boîte déploiera 15 machines direct avec sa marque qui sera déjà connue. Mais il faut voir ça du bon côté : s'il y a compétiteurs, c'est que le marché est propice.


HD : Cette théorie peut aussi plaider en votre faveur : si un grand groupe s'intéresse à votre idée, il pourrait décider de vous contacter directement... 

A&R : Aussi oui. Souvent, ils ne se prennent pas la tête à retravailler un projet, ils se rapprochent directement du porteur de projet pour investir dedans. Donc peut-être qu'on recevra rapidement des coups de fil et là la question sera alors de savoir si on vend notre âme aux gros ou pas


HD : Vous êtes dans l'air du temps d'autant plus qu'on sent un changement progressif des mentalités vis-à-vis de la nourriture et notamment de la malbouffe ces dernières années. Ne pensez-vous pas que le terreau est plus fertile pour un projet comme le vôtre ? 

A&R : Tu as raison, il y a une méfiance des grands groupes, la réussite de boîtes comme Innocent ou Michel et Augustin le prouve. Aujourd'hui, on essaie de proposer des produits sains tout en respectant l'environnement et les gens avec lesquels on bosse. L'autre jour, on a rencontré un homme d'affaires qui a très bien réussi. On lui a parlé de notre projet et il n'arrivait pas à comprendre comment on pouvait être rentables. Il nous a dit "les gars, le bio c'est 5% du marché, c'est juste un argument de vente". Donc pour lui, on devait proposer des sodas et des baguettes avec nos salades. Le maître-mot était le rendement. Sauf que nous on veut rester fidèles à notre idée. Les gens peuvent tout à fait boire un Coca avec leur salade, on est les premiers à adorer se faire des bouffes hyper grasses mais c'est pas notre concept. 


✪ Un nouveau nom a été choisi depuis : "Quartier Frais". Si vous voulez élire le meilleur logo pour l'illustrer, Alexandre et Romain vous invitent à aller voter sur la page Facebook du projet. 


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