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Le jour où l'on couchera avec des films

La réalité virtuelle avance à pas de géants et révolutionne la sexualité

Ecrit par Antoine Lebrun Publié le 18 mai 2016

Le jour où l'on couchera avec des films

L'avancée technologique n'a plus de limites. Le doux rêve de la réalité virtuelle connaît un gigantesque boom. Le réalisme se peaufine pendant que les possibilités s'élargissent. Deux données propices à l'avènement de la sexualité virtuelle. Expérience visuelle à l'origine, la réalité virtuelle surfe sur la vague de l'innovation et pourrait bientôt permettre un stimulation sexuelle ultra- réaliste. Une révolution aux nombreux travers.

Elle est sans doute l’une des innovations phares du XXIè siècle. La réalité virtuelle ne cesse de progresser et devrait bientôt révolutionner notre quotidien. Pour l’heure, le concept tient plutôt du gadget mais le potentiel et la marge de progression sont délirants. Vous ne savez pas exactement de quoi il s’agit ? On ne vous en veut pas ! La réalité virtuelle, c’est un casque que l’on enfile autour de la tête. Devant nos yeux, un écran diffuse des images préalablement sélectionnées et garnies des sons qui vont avec. On se retrouve alors plongé dans un univers parallèle (pensez au film Avatar en moins évolué) plus ou moins réaliste qui ne demande qu’à être amélioré. Et qui le sera.


Aujourd’hui, la réalité virtuelle peut nous transporter dans une nature jurassique au milieu d’immenses dinosaures, dans un film d’horreur dont on est la vedette ou encore dans une partie de pêche entre potes (pas l’expérience la plus enrichissante qui soit, soit-dit en passant…) Mais l’un de ses principaux défis, c’est la sexualité. La pornographie peut aller se rhabiller, l’avenir du sexe sera virtuel et ultra-réaliste. 

Au bonheur des âmes solitaires

Les célibataires endurcis (n’y voyez aucun jeu de mots, pitié) et autres adeptes de nouvelles technologies vont pouvoir s’en donner à coeur joie. Le sexe s’empare du phénomène et ne fait pas les choses à moitié : une combinaison haptique a déjà été inventée pour maximiser les sensations perçues par les sujets. Ainsi, il vous suffit d'enfiler cette sorte de costume pour une stimulation musculaire électrique rendant l'expérience plus vraie que nature. 

Parmi les précurseurs en matière de réalité virtuelle, Cinehackers fait sans doute partie des meilleurs. L’entreprise canadienne s’est spécialisé dans la réalisation de « films » dont vous êtes le héros. Le casque permettant cette prouesse s’appelle l’Oculus Rift. La société basée à Toronto vient d’ailleurs de sortir un nouveau projet intitulé I Am You. Et il porte bien son nom : le sujet se retrouve face à une jolie jeune femme lui tendant la main. A l’occasion d’une conférence à WEST (“Wearable, Entertainment & Sports Toronto“, ndlr), un veinard a eu la chance de tester ce programme. Il est revenu sur son expérience pour le site Motherboard

"À l’instant où j’ai enfilé leur casque Oculus Rift et leurs écouteurs, je me suis trouvé immergé dans leur film. Il était très difficile de garder à l’esprit que j’avais affaire à un programme, et pas à la réalité. Je n’avais pas touché une autre femme depuis mon mariage, il y a six ans. Et là, dans les circonstances les plus bizarres qui soient, c’est précisément ce que j’étais en train de faire. Je caressais les mains d’une jeune femme. Je me souviens m’être dit, en lui touchant les mains : Je ne connais même pas son nom." Et c’est justement tout le problème éthique posé par l’innovation. La réalité virtuelle va-t-elle prendre le pas sur les relations physiques ?

« Chérie, je te trompe avec une image »

"Au bout de 30 secondes, c’était trop pour moi et j’ai arrêté, poursuit le testeur. J’ai retiré mon casque Oculus Rift, et je me suis levé de ma chaise, abasourdi. C’était une expérience très forte, et j’en suis ressorti convaincu que la réalité virtuelle n’était pas seulement le futur du sexe ; c’est aussi le futur de l’infidélité." Vous trouvez qu’il y va un peu fort ? Pas forcément. Il ne s’agit, certes, que d’un logiciel. Mais comment réagiriez-vous face à un programme encore plus vrai que la réalité ? On connaît évidemment tous la pornographie. A quelques rares exceptions près, elle n’est pas perçue comme une forme d’infidélité, certains couples se câlinent même sur fond de vidéos érotiques. Mais le porno ne nous prend pas à partie, il ne représente qu’une scène à laquelle on assiste de façon omnisciente sans rien pouvoir changer au déroulé des événements. Ce qui excite là-dedans, c’est le fait de s’imaginer à la place de l’homme qui s’occupe de madame sous le feu des projecteurs. Cette immersion, la réalité virtuelle la permet et la cultive : on ne se contente plus de regarder l’action, on la vit et nos fantasmes les plus fous sont rendus possibles. 

Si la sexualité virtuelle peut faire office de solution contre la propagation des MST et des grossesses non-désirées (on trouve les arguments qu’on peut hein…), elle risque de chambouler notre vie sentimentale. Un homme pourrait, un jour, préférer s’adonner aux joies du coït avec la femme de ses rêves plutôt qu’avec sa chère épouse équipée de ses inévitables défauts. Pire encore, il pourrait s’armer du casque pendant qu’il partage une partie fine avec sa douce moitié… Comment le prendriez-vous mesdames ? Il serait évidemment préférable de « fauter » virtuellement que véritablement mais le résultat ne serait-il pas similaire ? 


Réalité, ce terrain de jeu qui ne nous suffit plus

En y réfléchissant, on peut se demander quelle plus-value apportera l’acte physique par rapport à l’acte animé si ce n’est l’aspect mental d’être conscient qu’on partage ce moment avec une personne faite de chair et d’os et non pas d’algorithmes compliqués. Les sens sont stimulés par les images, la sensation de toucher par les combinaisons heptiques, les oreilles par les gémissements émis par l’engin. La prochaine étape est l’odeur et quelques années devraient suffire puisqu’une société californienne, ScentScapeil, crée déjà des odeurs pour jeux vidéo et films. Là réside le véritable défi des couples de demain : résister à la possibilité de pouvoir rencontrer l’amour et la satisfaction sexuelle immédiate, le tout avec des individus parfaits que nous aurons nous-mêmes créés…


Pornographie, poupées gonflables, maîtresse virtuelle. L’escalade atteint son sommet. La sexualité explique à elle-seule les « travers » de l’espèce humaine. Désormais, il est possible de personnaliser une poupée grandeur nature de A à Z, de sa couleur de peau à la tête de ses orteils. Courtiser est-il devenu trop compliqué ou est-ce le temps nécessaire pour ce faire qui nous fatigue d’avance ? Le sexe est aujourd’hui un besoin qu’on souhaite assouvir immédiatement. Cette notion d’immédiateté est justement le créneau de la réalité virtuelle. A moyen terme, tout le monde pourra satisfaire ses envies avec des créations uniques et sublimes sans perdre son temps à l’échange et à la séduction. C’est forcément tentant mais les rapports humains pourraient en pâtir. A grands coups de pixels aguicheurs et dévêtus.

Source image : © youtube.com

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