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Vinylgue : l'algue au rythme de la musique

Oubliez le plastique : le vinyle qui vous fera vibrer sera fabriqué en algues

Ecrit par Antoine Lebrun Publié le 23 août 2016

Antoine Lebrun

Vinylgue : l'algue au rythme de la musique

Si les algues nous titillaient les oreilles ? Non, on ne parle pas de plongée mais de musique. "Mais qu’est-ce qu’il raconte celui-là encore ?" Il raconte l’histoire de la petite entreprise bretonne qui a réalisé un prototype de disque vinyle fabriqué à partir d’algues. Si la qualité n’est pas encore abasourdissante, la commercialisation du produit fini devrait être pour 2018. Sans plastique, la musique est plus écologique.

Quelques années en arrière, parler de votre amour du vinyle pouvait vous attirer les moqueries acerbes (et fondées ?) de nombre d’auditoires. Mais ça, c’était avant. Redevenu un objet en vogue, le vinyle se collectionne, se conserve et se chouchoute comme jamais. "La routourne a tourné" comme dirait Francky. Sa sonorité crépitante et feutrée, son élégance, son passé chargé d’histoire… Le 33 tours retrouve de sa superbe et a même décidé de se mettre à l’écologie. Comment ? Grâce à une société bretonne (COCORICO !!!) qui vient tout juste de finaliser son premier prototype de vinyle fabriqué à partir d’algues. On ne voit donc plus aucun frein à son retour en grâce. 

33 tours sous les mers

A Ogères en Ille-et-Vilaine, l’entreprise artisanale M Com’Musique a pris son mal en patience avant de donner vie à son envie. Après de longues et fructueuses années de recherches et développement, les Bretons ont finalement réussi : ils ont créé le tout premier vinylgue, un sillon noir fabriqué à partir d’algues. Cette matière première cocasse, c’est la société Algopack qui la fournit. Spécialisée dans la fabrication de plastique d’origine naturelle (déchets ou encore fibres naturelles), cette boîte malouine s’est décarcassée pour dénicher le matériau idéal au vinyle. Ducros n’a pas le monopole. 

Pour le vinylgue, adieu polychlorure, acétate de vinyle et autres noms barbares : des algues mêlées à un peu de matière plastique (vraiment pas beaucoup, promis) ont attiré l’oeil des émissaires de chez M Com’Musique. Présentée sous la forme d’une petite bille similaire aux polymères traditionnellement utilisées, la mixture fibreuse a charmé les oreilles expertes des entrepreneurs. En tout cas plus que la précédente version prototype achevée l’an dernier : "ce n’était pas concluant, se rappelle Antoine Ollivier, cofondateur de M Com’Musique. On ne maîtrisait pas trop le process général. La musique grésillait. Aujourd’hui, elle est écoutable."

Patience... avant de mordre à l’âme son

"Écoutable"… Est-ce une manière habile de dire "médiocre mais tout de même audible" ? Quoiqu’il en soit, ça ne nous suffit pas du tout. En fins mélomanes que nous sommes, on veut du son, du vrai ! Oui mais pour ça, il faudra attendre un peu. L’heure est encore à la recherche afin de se rapprocher des sonorités du vinyle ancestral. Car on ne va pas se mentir : il n’y a pas grand intérêt à écouter un vinyle avec la qualité d’un banal CD. Par ailleurs, la rigidité du sillon doit encore être révisée afin d’éviter de torturer les aiguilles des cellules phonos. Il ne s’agit pas de ruiner le vieux et sublime tourne-disque (ou gramophone pour les puristes) de vos arrières-arrières-grands-parents. Et surtout pas pour des algues. 

Et chez M Com’Musique, on l’a bien compris. C’est pourquoi une levée de fonds va être lancée dans les semaines à venir. "Les recherches ne sont pas finies, précise Antoine Ollivier. Il faut qu’on trouve des fonds et qu’on établisse un process pour produire en série". Une production qui devrait, en théorie, se mettre en marche courant 2018. D’ici là, ça ne sont pas les vinyles qu’il va falloir protéger, mais bien les algues. Ca tombe bien, on connaît un bonhomme qui s’en occupe. 


Vous pensiez vraiment qu'on vous laisserait filer sans avoir écouter une petite partition de cette merveille technologique ? Grands fous ! C'est pas du Vivaldi (et c'est bien dommage) mais ça donne quand même un petit aperçu.

Source image : © M Com Musique / Promotionmusicnews / 1zoom / Wallpaperscraft

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