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En Ouganda, la banane risque sa peau pour sauver la forêt

Fabriquer du charbon avec des peaux de bananes, la solution miracle anti-déforestation

Ecrit par Antoine Lebrun Publié le 5 juil. 2016

Antoine Lebrun

En Ouganda, la banane risque sa peau pour sauver la forêt

Nos chers expatriés français ont décidément des idées plein la tête. En Ouganda, l’association Green Bio Energy, menée par deux Frenchies, a mis au point un procédé permettant de transformer de vulgaires peaux de bananes en biocombustible. Résultat : un charbon naturel sans aggraver la déforestation du pays. La banane va au charbon.

La banane, ça vous gagne ! Nous voilà téléportés dans la banlieue de Kampala, la capitale ougandaise. L’Ouganda, c’est un pays de 36 millions d’habitants en Afrique de l’Est. Et qui dit Afrique dit évidemment misère… Comme chez nombre de leurs voisins, les habitants basent leur alimentation sur des produits simples et faciles d’accès : en Ouganda, la star c’est la banane. C’est bon, ça requinque et ça donne la pêche mais on vous déconseille vivement de manger la peau. Et on vous déconseille aussi de la foutre à la poubelle. On vous explique pourquoi. 

La recette anti-déforestation

On jette bien la peau des kiwis, alors pourquoi ne pas en faire autant avec les bananes ? La question est aussi habile que la réponse est simple : la peau de banane est une formidable matière première anti-déforestation. Et ça, les membres de Peace Development Group l’ont bien compris. "Après la collecte des peaux de banane directement chez l’habitant, nous retirons tous les résidus indésirables, y compris les feuilles, explique Prossy Nankungu, le trésorier du groupe, au journal sénégalais Le Soleil. Ensuite, nous étendons les peaux au soleil pour quelques heures, le temps qu’elles sèchent complètement." Après cette première étape, les peaux sont placées dans un bidon, réduites en cendres puis refroidies. "On ajoute alors à cette poudre un peu de farine de manioc diluée de manière à pouvoir en faire des blocs, pour finalement placer cette mixture dans une machine spéciale qui la moulera en briquettes (de biocombustible à usage domestique, ndlr.)" Une recette trois étoiles.

Sauver les arbres au risque de sa peau

Si la société précédemment citée développe le projet, les louanges reviennent surtout à Green Bio Energy (GBE). Leader de la promotion des énergies vertes en Afrique de l’Est, l’entreprise de 55 employés a eu le nez creux. Porté par Vincent Kienzler et Alexandre Laure, deux Français passionnés par la déforestation et le changement climatique, GBE a décidé de s’attaquer au charbon, l’un des principaux polluants du monde. Ingénieur de formation, Vincent a alors imaginé et bâti la machine de tous les miracles. Avec 35 000 tonnes de briquettes fabriquées chaque année à partir de peaux de banane, c’est la déforestation qui s’essouffle. Car dans le même temps, ce sont 90 000 hectares qui partent annuellement en fumée en Ouganda. L’initiative est donc tout sauf négligeable. La forêt sauve sa peau grâce à celle de la banane. La boucle est bouclée.

Pour finir, découvrez le reportage de France24 sur la solution géniale proposée par GBE

Source image : © echwaluphotography.wordpress.com / pturgeonphotography.wordpress.com/

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