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L'énergie, ça ne tombe pas des arbres ? Bah si !

Mais puisqu'on vous dit que les fruits sont plein d'énergie !

Ecrit par Antoine Lebrun Publié le 24 oct. 2016

Antoine Lebrun

L'énergie, ça ne tombe pas des arbres ? Bah si !

« Mangez 5 fruits et légumes par jour ». 15 ? 30 ? 50 fois ? Peu importe la fréquence quotidienne du slogan, il est maintenant bien ancré dans nos cerveaux. On ne va pas se plaindre : pour une fois qu’un bourrage de crâne vante une noble cause. D’autant plus que ces produits sains pourraient nous apporter bien plus que l’énergie au sens figuré. En plus de nous donner du peps, les fruits de nos champs semblent bien partis pour changer la face du monde. Quand le futur pousse dans les arbres.

L’orange contre la sécheresse

A tout juste 16 ans, Kiara Nirghin vient de remporter la bourse de la Google Science Fair. Si cette scientifique en herbe a devancé ses 50 000 concurrents, ça n’est pas grâce au fruit du hasard. Sa victoire, la jeune sud-africaine la doit plutôt au fruit de l’oranger. 

Après avoir bûché plus d’un mois et demi sur une orange, Kiara a réussi à isoler la pectine qui permet à l’orange d’absorber l’eau. L’idée : utiliser sa trouvaille pour stocker l’eau et la ressortir en période de sécheresse (comme ce fut le cas cette année en Afrique, frappée par l’une des pires sécheresses des 35 dernières années). 

En utilisant les déchets d’usines de jus d’orange et d’huile extraite des avocats, l’adolescente a pu obtenir la mixture idéale, inoffensive pour la planète et surtout peu chère : de 30 à 60 dollars la tonne. Ca ne vous aide pas beaucoup ? Lisez donc ça : l’arme actuellement utilisée contre la sécheresse est un produit chimique appelé polymère superabsorbant. C’est très mauvais pour l’environnement, bien moins efficace que l’invention de Kiara et ça peut coûter jusqu’à 2 000 dollars la tonne. On comprend mieux ce qui a poussé ce bon vieux Michal à voler l’orange.

Que la tomate soit ! Et la tomate fut...

Aux Etats-Unis, la tomate est un vrai problème. Chaque année, près de 400 000 tonnes de restes se décomposent dans la nature, laissant échapper du méthane soit l’un des pires gaz à effet de serre (également contenu dans les pets de vaches). 

Une équipe de chercheurs de Floride se sont alors attelés à trouver une solution au phénomène. Eurêka : grâce à l’oxydation naturelle des bactéries contenues dans les tomates pourries, des électrons sont créés et capturés par une pile à combustible biologique inventée par l’équipe de scientifiques. 

Vous vous demandez comment ces fameux électrons passent-ils du fruit à la pile ? En général, les médiateurs utilisés dans les piles sont toxiques...mais pas cette fois ! On remercie le lycopène, le pigment à l’origine de la couleur rouge de la tomate, qui fait le boulot de manière totalement naturelle. 

Pour l’heure, les chercheurs ont pu produire 0,3 watts pour 10 milligrammes de déchets. Ca ne suffit pas à éclairer toute une ville mais ça devrait, à terme, pouvoir faire fonctionner Disney World pendant 90 jours. C’est Ratatouille qui va être content.

Fabriquer de l’énergie, c’est peanuts

Chaque année, producteurs et industriels envoient des tonnes de coquilles à la benne. Et quand on sait que la majorité des produits que l’on consomme au quotidien contient des fruits à coques, ça donne vite le vertige. Demandez donc à un allergique. Conscientes des déchets engendrées, plusieurs entreprises à travers le monde se penchent sur la réutilisation de ces coquilles délaissées. 

Niveau fruits à coques, Ferrero en connaît un rayon. Fort de ses 360 000 tonnes de Nutella fabriquées chaque année (1 000 tonnes par jour !!), le géant italien s’est associé à Stora Enso, une société d’emballages renouvelables, et PTS, un institut de recherche allemand, pour développer le futur "EcoPaper" de ses chocolats. Les premiers tests utilisent une astucieuse mixture de fibres de coquilles de noisettes et de pâte à papier classique. Voilà qui devrait (un peu) nous faire oublier l’huile de palme.

Mais les noisettes ne sont pas les seuls fruits secs dont les coquilles sont recyclables. Au Japon, la société NEC s’adonne à la fabrication de bioplastique avec des coquilles de noix de cajou. Une belle idée quand on sait que les bioplastiques actuels sont issus de plantes comestibles comme le maïs. Les tests étant concluants, l’invention peut dorénavant être utilisée pour des appareils électroniques. 

Confrontées à des obligations plus vitales, l’Afrique subsaharienne et l’Inde ont su trouver en la coque de cacahuète un moyen de concevoir du biocarburant. Mélangée au goudron ou à la pâte de tapioca, la coque peut aussi faire office de combustible pour chaudières et poêles domestiques. Un chauffage pour peanuts.

On termine ce tour du monde en Turquie. Troisième producteur mondial de pistaches (avec l’Iran et les Etats-Unis), le pays espère utiliser la combustion des pour chauffer les bâtiments publics et privées d’un futur éco-village de la banlieue de Gaziantep. 


Et ça marche aussi pour chez vous : quelques coquilles de noix ou de pistaches remplaceront parfaitement le petit bois pour allumer un bon feu de cheminée. De quoi terminer l’apéro en beauté. 

Source image : © Pause CafeIn / Money.CNN / Inhabitat / Notre Famille / Modern Farmer / Pixabay

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