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A Tchernobyl, les animaux ont remplacé les Hommes

Quand l'Homme n'est pas là, la nature danse

Ecrit par Antoine Lebrun Publié le 22 avr. 2016

A Tchernobyl, les animaux ont remplacé les Hommes

Le drame de Tchernobyl, c’était il y a 30 ans. Dépourvue d’habitants depuis, la zone contaminée par la radioactivité a trouvé de nouveaux occupants. Wapitis, cerfs, loups et nombre d’autres espèces y ont élu domicile et se reproduisent en toute quiétude. Et si l’Homme était encore plus nocif que les radiations pour la biodiversité ?

26 avril 1986. Le quatrième réacteur de la centrale de Tchernobyl vient d’exploser, répandant un vaste nuage radioactif au-dessus des têtes de milliers de personnes. Contraints de quitter les lieux, les quelques 130 000 habitants du secteur ne reviendront jamais. Et on comprend vite pourquoi : 10 km aux alentours de la centrale, qui n’est plus depuis l’an 2000, le niveau de radiation est de 1 700 nanosieverts par heure. C’est 10 à 35 fois plus que la norme en vigueur. 


"Quand les gens sont partis, la nature est revenue"

Et pourtant, Tchernobyl a entamé sa métamorphose. Entre bâtiments désaffectés et balançoires rouillées par le temps et les évènements, la nature a repris ses droits et les environs de la ville ukrainienne se sont transformés en une immense réserve naturelle. Oui oui, vous avez bien lu. Vous n’y croyez pas et c’est normal. Mais c’est un fait : la zone frappée par la pire catastrophe nucléaire de tous les temps accueille aujourd’hui des dizaines d’espèces d’animaux sauvages. Des occupants qui se sont massivement développés depuis la chute de l’URSS en 1991. 


"Quand les gens sont partis, la nature est revenue". C’est la phrase lâchée à l’AFP par Denis Vichnevski, ingénieur en chef de la "zone d'exclusion", soit le rayon de 30 km entourant le site meurtri. Autant dire que le garçon sait de quoi il parle. Résultat des courses : si les Hommes ont déserté le territoire, le nombre d’espèces animales s’est multiplié. Pas de doute pour Vichnevski, la présence humaine est beaucoup plus nocive aux animaux sauvages que la radioactivité. 

Les méfaits de la présence radioactive, les bienfaits de l’absence humaine

L'air ambiant a évidemment un effet néfaste sur les animaux. Entre espérance de vie plus faible et taux de reproduction amoindri, les mammifères ne sont pas insensibles aux funestes vestiges du passé. Mais l’absence de l’Homme et tout ce qui l’accompagne font aujourd'hui de Tchernobyl un endroit paisible pour les bêtes. Plus paisible qu’avant en tout cas. 


Si la faune revit, la flore renaît littéralement de ses cendres. Après la catastrophe, 10 km2 de forêts de pins ont été détruits, emmenant dans leur malheur oiseaux, rongeurs et insectes. Même sort ou presque pour la célèbre Forêt rouge (ainsi nommée en raison de la couleur des arbres contaminés) qui a vu les bulldozers débarquer pour la réduire en poussière. Mais la nature est pleine de surprises uniques. Une vaste forêt de pins et bouleaux résistants à la radiation a repoussé au même endroit. Niveau population, si les oiseaux se nourrissant de déchets humains (cigognes, moineaux et pigeons) ont quitté les lieux, de nombreuses espèces ont investi l’endroit : loups, ours, lynx et même chevaux de Przewalski (espèce en voie de disparition dans les années 90) sont désormais légion. 


Une poignée d’Hommes pour dérégler un éco-système

La renaissance environnementale est un franc succès. D’après une étude publiée dans la revue Current Biology, wapitis, chevreuils, cerfs et sangliers sont aussi nombreux aux environs de Tchernobyl que dans les réserves naturelles et non-contaminées de la région. Mieux encore, le nombre de loups y est sept fois supérieur à la normale. Des chiffres qui donnent le sourire. 


Mais l’heure n’est toujours pas à l’optimisme général. "On ne peut pas dire que c'est un paradis pour les animaux, souligne Marina Chkvyria, chercheuse de l'Institut de zoologie Schmalhausen, qui surveille le site de Tchernobyl. Beaucoup de gens travaillent à la centrale. Il y a des touristes, des braconniers…". La renaissance est spectaculaire, à nous de tout faire pour la faire perdurer. 


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