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Cimetière des Gonards : l'écologie à en mourir

Le luxe de manger des pissenlits BIO par la racine

Ecrit par Antoine Lebrun Publié le 15 nov. 2016

Cimetière des Gonards : l'écologie à en mourir

Aux côtés des pierres tombales, l’écologie se meurt. Pour entretenir les cimetières, les désherbants chimiques sont généralement balancés à l’infini. Car une belle pelouse bien verte, ça se mérite. Pourtant, l’un de ses royaumes des morts a décidé de changer la donne. Le cimetière des Gonards à Versailles est le premier cimetière labellisé éco-jardin en France. Ecolo jusqu’à la mort.

L’écologie adoucit les morts. Dans les cimetières, l’ambiance est suffisamment glauque et morose pour que la nature ne vienne pas en rajouter une couche. Alors pour soigner son allure, le royaume des morts envoie du très lourd niveau désherbants. Une sale habitude qui signe l’arrêt de mort du respect de l’environnement. Alors pour donner le bon exemple, il fallait un volontaire. Et c’est le cimetière des Gonards qui s’en occupe. Depuis 2012, la nécropole de Versailles (78) détient même le label éco-jardin. Tout sauf un hasard dans une ville qui prône la politique du "zéro phyto" dans ses espaces verts depuis plus de 10 ans.

Quitte à manger les pissenlits par la racine, autant qu’ils soient bio. Mais comment s’y prend-t-on pour permettre aux 12 000 âmes du cimetières de reposer en paix avec leur conscience écolo ? La tâche est un travail de longue haleine qui se peaufine par petites touches. Les gravillons cèdent leur place au gazon dans les allées, du ciment enrobe les tombes pour éviter la pousse d’herbes folles, des zones en friches pour favoriser la biodiversité et réduire la tonte, des plantations pour alléger le caractère funeste du lieu,… Clou du spectacle : le concassage des pots de fleurs délaissés qui trouvent une seconde vie en décorant les parterres et les pieds des arbres.

Des fossoyeurs aux maçons, tout le monde est susceptible d’être appelé pour désherber écologiquement. Il faut donc des équipes polyvalentes et qui soient sensibles à l’écologie. La communication auprès du public et le soutien des élus sont aussi d’autres facteurs importants de réussite Cathy Biass-Morin, directrice des espaces verts de Versailles

Des morts et des abeilles

Si la mise en place d’un jardinage plus écolo nécessite davantage d’efforts, le résultat n’en est que plus appréciable. Car les jardiniers ont changé ce qui s’apparentait à un temple du glauque en un beau et festoyant jardin. Avec ça, les morts ne sont pas près de se retourner dans leurs tombes. Et quand les choses sont faites dans les règles de l’art, c’est toute la nature qui reprend ses droits...

De plus en plus d’oiseaux nichent dans le cimetière. Des ruches ont été installées qui ont produit 75 kg de miel en 2015 et nous avons même des orchidées qui se sont mises à pousser par endroits

Du passé faisons table rase

L’assemblée semble unanime. Un accueil qui amène une vraie question : pourquoi avoir fait différemment jusqu'à présent ? Cathy Biass-Morin a donné sa version des fait au blog Enrage your Paris. 

L’arrivée des produits phytosanitaires après-guerre a considérablement changé la physionomie des cimetières. Les recherches effectuées entre autres sur le gaz moutarde, qui fut très utilisé pendant les combats, ont montré que l’on pouvait obtenir des désherbants très efficaces. Ce qu’il faut donc maintenant, c’est parvenir à faire évoluer les mentalités


Sous-entendu : convaincre les autres cimetières d’en faire autant. Et s’ils pouvaient le faire sans mort dans l’âme, ça serait chic. Versailles a érigé la première pierre du mur de l’écologie nécrologique, il serait bête que cette pierre tombe à l’eau. 

Source image : © Antoine Lebrun / Enlarge Your Paris / Média Libre des Possibles

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