En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour vous proposer des contenus et services adaptés à vos centres d’intérêts.

Des enceintes en bambou : le matériau du futur !

Explications sans langue de bois avec Bruno Chandon, qui lance cette semaine une campagne de financement participatif.

Ecrit par Antoine Lebrun Publié le 15 juin 2016

Antoine Lebrun

Des enceintes en bambou : le matériau du futur !

Combiner produits hi-tech et développement durable, si c’était possible ? Dans un marché envahi par les matières plastiques, une société détonne. Hazang fabrique des enceintes Bluetooth à partir de bambou. On a hâte qu'elles atterrissent dans notre salon...

A 29 ans, Bruno Chandon est le fondateur de la société Hazang. Conçues par des artisans vietnamiens indépendants, les enceintes Hazang offrent un design décoratif et des performances acoustiques supérieures à la moyenne. Le ton posé et ambitieux, il nous a donné des précisions sur les contours du projet. Sans oublier de nous parler de la campagne de financement participatif Kickstarter qui a débuté hier, mardi. Entretien sans coup de bambou avec un innovateur amoureux du savoir-faire artisanal viet.

Bonjour Bruno Chandon. Pouvez-vous nous présenter votre parcours, celui qui vous a amené jusqu’à la création de ce projet éco-innovant ?

A l’origine, j’ai une formation d’ingénieur en mécanique que j’ai reçu au CNAM Paris (Centre National des Arts et Métiers). J’ai ensuite poursuivi mes études en apprentissage dans la branche innovation du groupe PSA Peugeot Citroën. Puis j’ai exercé une mission de 6 mois chez Bamboo Fibers Technology, une start-up qui, comme son nom l’indique, s’est spécialisée dans les bio-matériaux. 


☞ C’est à ce moment-là que l’idée de fabriquer des enceintes en bambou vous est venue ? 

Je m’intéressais au bambou à cette époque mais je n’avais pas encore eu l’idée d’en faire des produits de haute technologie. L’an dernier, j’ai vécu un an au Vietnam. Là-bas, j’ai travaillé avec une amie designer, Marie, installée à Hanoi depuis 7 ans. Depuis 4 ans, Marie gère une entreprise de fabrication de meubles et d’objets décoratifs conçus par des artisans vietnamiens sélectionnés. C’est elle qui m’a fait découvrir la technique et l’art ancestral du bambou tourné. 


Quelles sont les particularités qui font du bambou un matériau unique et durable ? 

D’abord, c’est une herbe et non un arbre. Donc il repousse très vite (jusqu’à un mètre par jour, ndlr.). Lorsqu’on le coupe, il n’est pas utile de le replanter, il revient tout seul. Au Vietnam, il y a un consensus global sur le bambou. C’est le matériau qui représente le mieux le développement durable en plus d’avoir des performances mécaniques excellentes grâce à ses fibres très longues toutes orientées dans le même sens. L’artisanat du bambou vietnamien est très au point.


Pourquoi avoir décidé de fabriquer des enceintes et pas autre chose ? Le Vietnam est-il un terreau fertile en terme d’écoutes musicales ? 

Non, pas spécialement. Le meilleur format pour le son, c’est le format rond. Et le bambou est parfaitement adapté à cela. On voulait créer un objet alliant déco, esthétisme et technologie. Aujourd’hui, on voit de plus en plus d’enceintes de toutes formes sur le marché. Et on voulait montrer à tout le monde qu’on pouvait faire ça avec autre chose que du plastique pour un résultat encore meilleur. C’est d’ailleurs pour ça que nos enceintes sont plutôt volumineuses : plus l’objet est compact, plus le son en pâtit.

Montrer au monde qu’on peut faire de la haute technologie avec autre chose que du plastique... et pour un résultat meilleur.

L’objet est fait de bambou. Qu’en est-il de tout le circuit électrique ? 

Pour l’instant, nous travaillons avec un fournisseur chinois pour garantir une qualité optimale. Mais à l’avenir, on aimerait que l’intérieur de l’appareil reflète son design. Il y a une vraie volonté de durabilité de l’objet complet. Donc pour l’heure, on mélange haute technologie et savoir-faire artisanal ancestral, c’est tout le contraste du projet. Pour ce qui est des hauts-parleurs, nous avons deux modèles : l’un avec une marque allemande, l’autre made in USA


Votre société, Hazang, ne fait que débuter dans le secteur du high-tech durable. Vous gardez encore un aspect familial dans votre approche du développement. Comment fonctionnez-vous exactement ?

J’ai lancé ma société en France et on travaille main dans la main avec mes partenaires au Vietnam. La pierre angulaire du projet s’appelle Chung. Il m’a accueilli chez lui lors de mon arrivée au Vietnam et nous avons réfléchi ensemble au design et à la fabrication des enceintes. Donc on peut dire qu’on est un peu une famille, oui. Tous les artisans avec lesquels nous travaillons font partie d’un même village tourné autour de l’exploitation du bambou, à 100 km d’Hanoi. Au total, nous sommes en contact avec 5 artisans. Ou plutôt 5 familles d’artisans car au Vietnam, on travaille souvent en famille. Si on nous passe une commande de 100 enceintes, j’appelle 2 familles qui travailleront chez elles, en couple ou entre cousins artisans. C’est ce qui nous permet de pouvoir produire d’importantes quantités tout en conservant un mode de fonctionnement rural.

On s’intègre dans l’écosystème vietnamien sans vouloir le modifier. Les artisans fixent leur prix et on paie. (...) C'est le meilleur moyen de garder une relation durable et qualitative.

Vous avez lancé hier (mardi 14 juin) une campagne Kickstarter pour financer la première production d’enceintes. Pendant un mois, les internautes pourront apporter leur pierre à l’édifice et pré-commander en ligne. Qu’attendez-vous de ce financement participatif et pensez-vous avoir le temps nécessaires pour fabriquer toutes les enceintes ? 

La livraison se fera en novembre donc nous aurons 4 mois pour tout concevoir. C’est confortable mais il faut bien ça : la fabrication artisanale prend du temps. Notre objectif est fixé à 12 500€. C’est ce qu’il nous faut pour lancer la première production. Mais évidemment le but est de dépasser ce montant et commencer à se faire connaître aux yeux du monde. C’est grâce à ce développement que nous trouverons des revendeurs intéressés par la distribution de nos enceintes voire même par d’autres commandes. Pourquoi pas fabriquer des box internet en bambou par exemple… On est ouvert à toutes propositions. 


Cette campagne semble tout avoir pour faire démarrer votre activité… Avez-vous mis au point un système de « partage » des recettes avec les artisans vietnamiens ou quelque chose du genre ?

Non, nous avons un autre mode de fonctionnement : nous travaillons avec des artisans indépendants. Ce qui signifie qu’ils fixent leur prix en fonction de ce qu’on leur demande. Et ce qu’on demande, c’est une grande qualité et un niveau de finitions élevé. On s’intègre dans leur écosystème sans tenter de le modifier. Ils définissent un prix correct et nous on paie. C’est le meilleur moyen de garder une relation durable et qualitative. 


Envie de vous offrir les enceintes Hazang ?

Middle size : 195€ - King size : 295€ en pré-commande ici

Source image : © Bruno Chandon

Récompensez ce chroniqueur par un like !
Dossier Dossier Les génies du futur

Rejoins le projet Hellodemain et fais partager aux autres tes découvertes

Je participe


Les dossiers liés

Rejoins le projet Hellodemain
et fais partager aux autres tes découvertes

Je participe