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En Afrique du Sud, des super nanas pour protéger les rhinos

Agées de 20 à 30 ans, les Black Mambas bottent les miches des braconniers

Ecrit par Antoine Lebrun Publié le 3 déc. 2016

En Afrique du Sud, des super nanas pour protéger les rhinos

En Afrique du Sud, les rhinocéros ont la vie dure. L’an dernier, près de 1 200 rhinos ont été victimes du braconnage. Une réalité alarmante qu’un collectif a décidé de combattre. Chaque jour, 26 jeunes femmes arpentent le Parc national Kruger au secours d’animaux en détresse. Leur nom : les Black Mambas.

Bienvenue en enfer. L’Afrique du Sud est une terre d’accueil pour rhinocéros. Pour preuve, ils sont 80 % de la population totale de l’espèce. Sauf que ces derniers y coulent des jours bien loin d’être heureux. A qui la faute ? A leur corne, un peu, et aux braconniers, beaucoup. Un gramme de poudre de corne de rhino se vend aussi cher qu’un gramme de cocaïne (soit environ 50 €, d’après internet). L’argent ayant souvent le pouvoir de réveiller l’animosité de chacun, près de 1 200 rhinocéros ont été tués l’an dernier dans l’ancienne colonie néerlandaise. Un chiffre guère plus réjouissant cette année puisque 850 bêtes sont déjà tombées sous les tirs en rafale de chasseurs véreux. Un carnage. 

S’ils pullulent aux quatre coins du pays, beaucoup de ces tueurs sans vergogne sévissent dans le Parc national Kruger, situé au nord-est du pays non loin de la frontière avec le Mozambique. Etendu sur une zone de 50 000 hectares (à peu de chose près la superficie du Liechtenstein), la réserve est une mine d’or à ciel ouvert pour les malfrats armés. Mais les traqueurs sont eux aussi des proies en puissance. Le collectif des Black Mambas, un commando de 26 jeunes femmes, arpente quotidiennement le parc de long en large depuis 2013. Objectif : lutter contre la destruction de la vie sauvage de leur pays. Du haut de leur vingtaine d’années respectives et grâce à une formation intensive (comprenant un entraînement paramilitaire), ces gardiennes savent aussi bien gérer un lion, un éléphant ou un groupe de braconniers sanguinaires armés jusqu’aux dents. 

Réserve riche et habitants pauvres

La journée-type d’une Black Mamba est simple : vêtue d’une tenue militaire bien visible, elle patrouille dans la zone du parc qui lui est dédiée et libère les animaux prix dans les barbelés des chasseurs. Une action pacifique qui oblige parfois les gardiens armés à intervenir quand la situation dégénère. Et tout ça marche à merveille : depuis la création du collectif, les cas de braconnage de la région ont chuté de 56 %. Mieux encore : aucun rhino n’a perdu la vie au cours des 13 premiers mois de l’opération. Ange gardien. 

Derrière cette initiative ô combien louable, un homme : Craig Spencer, le gardien en chef de la réserve naturelle de Balule, située en plein coeur du Parc Kruger. En fin connaisseur de la région, Craig Spencer a estimé que le contraste existant entre la richesse de la réserve privée et la pauvreté des communautés voisines étaient propice au braconnage, ce moyen simple et efficace de s’enrichir rapidement. Lassé de constater que les braconniers pouvaient être perçus comme de véritables Robins des bois dans certaines zones, Craig a alors décidé d’abandonner ses méthodes policières et armées au profit d’un collectif de 26 jeunes filles issues des communautés alentours (souvent les mêmes villages d’origine que les braconniers).

Certains m’ont dit que c’était un boulot d’homme, je suis bien contente de leur montrer qu’ils ont tort Une des membres des Black Mambas

Si certains des chasseurs demeurent encensés par les peuples voisins, les Black Mambas sont elles aussi considérées comme des héroïnes. Grace à elle, le braconnage passe d’opportunité à menace. Pour faire encore un peu plus d’écho au mouvement, certaines membres n’hésitent d’ailleurs pas à faire des interventions dans les écoles primaires. L’idée : faire comprendre aux enfants, souvent effrayés par les animaux, que ces derniers n’ont rien de méchant et qu’ils ont surtout besoin de l’aide humaine pour survivre à la dure loi de la jungle. Une belle histoire comme on n'en voit qu'au cinéma... Ca tombe bien : l'actrice Jessica Chastain (Interstellar, The Tree of Life, La Couleur des Sentiments) prépare actuellement un film inspiré par ces femmes . Un groupuscule bien décidé à crever l’écran. 

Source image : © The Star / Kalamu / Global Citizen / NY Times

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