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En Slovénie, l'accès à l'eau déclaré droit constitutionnel

Tournée générale aux frais de l'Etat !

Ecrit par Antoine Lebrun Publié le 20 nov. 2016

En Slovénie, l'accès à l'eau déclaré droit constitutionnel

L’eau slovène ne sera jamais à vendre. C’est ce qu’a décidé la semaine dernière le Parlement de Slovénie à l’unanimité. En interdisant la privatisation de l’eau potable dans sa Constitution, le pays de 2 millions d’habitants assure un accès à l’eau à ses citoyens. Une première dans l’Union européenne.

La privatisation, ce fléau. L’immense majorité des pays à travers le monde a décidé de privatiser l’accès à l’eau potable. Une aberration largement rentrée dans les moeurs depuis de nombreuses années maintenant. Mais heureusement, le bon sens n’a pas disparu de tous les esprits. Depuis une semaine, la Slovénie a déclaré l’eau potable comme droit constitutionnel. Conséquence : en empêchant la privatisation des ressources d’eau, le pays garantit à tous ses habitants un accès total à l’eau potable. Voté à l’unanimité par le Parlement slovène, l’amendement stipule que l’Etat sera désormais en charge de l’approvisionnement en eau de la population et de façon non-lucratives. 

Une exception européenne

Avec une telle décision, la Slovénie fait parler d’elle à l’échelle continentale. Car le petit pays alpin de 2 millions d’habitants est le tout premier membre de l’Union européenne à faire un choix fort pour la protection de l’eau potable. Mais tout n’a pas été simple pour obtenir gain de cause. A l’origine, l’initiative était, comme souvent, associative. Mais grâce à l’appui sans faille du Premier ministre de centre-gauche Miro Cerar, l’idée s’est répandue jusqu’à être ajoutée à la Constitution nationale. Et pour motiver ses collègues députés, l’homme a su trouver les mots. 

Il faut offrir le plus haut niveau de protection légale à l’or liquide du 21e siècle, un bien appelé à devenir de plus en plus convoité à l’avenir  Miro Cerar, Premier ministre slovène

Car derrière la notion de privatisation se cachent souvent des pays étrangers ou des sociétés internationales. D’autant qu’en Slovénie, le caractère montagneux de l’Etat produit une eau de très bonne qualité dont la valeur a tendance à faire tourner les têtes voisines. 

L’UE à l’heure du choix

En 2014, une initiative citoyenne européenne parvient (ENFIN) à réunir le quota de souscripteurs nécessaires. Une réussite qui force l’Union européenne à exclure "l'approvisionnement en eau et la gestion des ressources hydriques" de la liste des règles régissant le marché intérieur européen. Un premier succès important mais tout de même illusoire. Si la Slovénie tâche de montrer le bon exemple, le chemin reste long. 

D’après le rapport mondial permanent en ligne sur le droit à l'eau (RAMPREDE), seulement 15 Etats dans le monde ont accepté d’inscrire le droit à l’eau potable dans leur Constitution (Burkina Faso, Tunisie, Afrique du Sud, Colombie, RDC, Gambie, Ouganda, Panama, Uruguay, Venezuela, Zambie, Équateur, Maldives, Bolivie). De l’Afrique, de l’Amérique du Sud…et rien d’autre. Avec la Slovénie, l’UE redore un peu son blason avec un premier représentant dans cette liste exhaustive. Une nouveauté en guise d’exemple à suivre. A moins qu’il ne s’agisse d’un coup d’épée…dans l’eau. 

Source image : © Shutterstock /

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