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Quand l’éléphant joue à cache-cache avec les braconniers

Défenses menacées, défense renforcée

Ecrit par Antoine Lebrun Publié le 30 sept. 2016

Antoine Lebrun

Quand l’éléphant joue à cache-cache avec les braconniers

Immenses, impressionnants et forts. Ces superlatifs propres à l’éléphant ne suffisent pas à le protéger. Menacé d’extinction, le plus grand mammifère terrestre est la cible préférée des braconniers. Mais sous cette énorme carcasse se cache aussi un cerveau fertile. Au fil du temps, l’éléphant a appris à repérer ses ennemis et parvient aujourd’hui à les éviter. Une folie comme seule la nature nous en offre.

On n’arrêtera jamais de vous bassiner avec cette phrase mais la nature ne cessera de nous surprendre et nous ébahir. Quand l’Homme s’adapte à son environnement en développant de nouvelles fonctionnalités de son corps, l’animal en fait autant pour échapper à ses assaillants. Dernière merveille en date : l’adaptation de l’éléphant à ce monde de brute qui veut lui dérober ses défenses ou sa chair. Une astuce qui le laisse songer à un avenir meilleur...

Car oui, le plus gros des mammifères terrestres est menacé, et c’est peu de le dire. Chaque jour, une centaine d’éléphants succombe sous les tirs de braconniers prêts à tout pour vendre leur ivoire ou leur viande. Mais fort heureusement, le pachyderme a oublié d’être bête et a fini par trouver la parade contre les techniques de chasse qui le persécutent. 

Babar contre barbares

Cette découverte, on la doit à l’ONG kényane Save the Elephants. Inquiets de la diminution du nombre de spécimens, les membres de l’organisme ont accroché des colliers de géolocalisation autour des cous d’éléphants du parc national congolais des Virunga. Après avoir analysé les résultats, les chercheurs ont constaté un changement radical de comportement des troupeaux équipés. Habitués aux attaques de braconniers, les géants à quatre pattes évitent désormais les zones à risques.

Plusieurs familles d’éléphants ont été vues en train de roder autour des postes des rangers, ce qui suggère qu’elles ont appris à identifier les gardes forestiers comme des individus qui ne représentent aucun danger, en dépit du fait qu’ils soient lourdement armés Iain Douglas-Hamilton, fondateur de Save the Elephants

Mieux encore, les éléphants seraient capables de différencier un homme armé dangereux d’un homme armé innofensif. Leurs nouveaux protecteurs : les gardes forestiers. Malgré le raffut perpétuel des chargements de charbon et de troncs d’arbres, les mammifères ont pris l’habitude de se rapprocher au plus près des gardes, conscients de leur rôle de "policiers" dans la zone. 

Contre toute attente, les éléphants ont senti qu’ils étaient plus en sécurité à cet endroit et marchent très près des gardes forestiers, même s’ils sont très volubiles Iain Douglas-Hamilton

Une prouesse folle qui n’étonne pourtant pas l’ONG My Green World. D’après l’organisme écolo, les pachydermes sont "intelligents, sensibles, loyaux et attentifs“, à l’image des grands gorilles (une autre espèce menacée…). 

Une bonne nouvelle bluffante qui ne suffit toutefois pas à effacer la réalité du terrain. Le continent africain abrite aujourd’hui environ 500 000 éléphants. Ils étaient plus d’1,3 million dans les années 70... L’adaptation ne suffira pas, il va vite falloir se creuser les méninges pour sauver ce majestueux animal.

Source image : © John Lund Stone Getty Images / Youtube / PXL Eyes

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