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Uli Alto, le village autosuffisant où l'argent n'existe pas

Quand la société de consommation perd des adeptes

Ecrit par Antoine Lebrun Publié le 11 juil. 2016

Antoine Lebrun

Uli Alto, le village autosuffisant où l'argent n'existe pas

Parce que le monde va trop vite, parce que le mode de consommation des sociétés occidentales n'est pas soutenable, parce qu'ils veulent une vie plus respectueuse de l’environnement. Depuis 7 ans, une quinzaine de personnes ont décidé de tout quitter pour changer de vie : ils se sont installées dans le village déserté de Uli Alto, au nord des Pyrénées espagnole.

Une vie d’autosuffisance totale, sans stress et sans argent. Non, je ne vous emmène pas dans le Larzac de 1550 et encore moins dans une tribu maya du bout du monde. Pas la peine d’aller si loin, ce mode de vie alternative, on le trouve à Uli Alto, dans la vallée d’Arce en Navarre au Nord de l’Espagne et au XXIè siècle. Uli Alto, c’est la promesse d’une vie sans tracas où l’Homme se protège des vices d’une société surconsommatrice et éprise d’argent. 

L’histoire de ce petit village débute en 2009. A cette époque, Uli Alto fait partie des nombreux villages morts et abandonnées du paysage français. Commerces au compte-goutte et ruelles désertes sont alors légion depuis les années 50. Mais tout ça n’a alors que trop duré : Erwan, Valérie et Lucie, trois jeunes français décident d’y poser leur valise pour redonner vie à la bourgade. Mais hors de question d’en faire un village banal et commun : les "colons" tricolores veulent faire de ce petit coin d’Espagne une alternative, un exemple à suivre pour quitter la société actuelle. Ils commencent alors à mettre en place une organisation bien ficelée permettant de survivre, et bien plus encore, dans un souci d’autonomie totale. Entre logements décalés et alimentation autonome, la mayonnaise prend vite. 

Une vie d’ermites bienveillants

Aujourd’hui, une quinzaine de personnes vivent à Uli Alto. Caravanes, yourtes et maisons de bois ont été construites avec l’aide bénévole des villages voisins (et prônant le même mode de vie). La communauté se sert les coudes et fonctionne essentiellement avec des matériaux de récupération tout en partageant le peu d’argent qu’elle possède. Pour le reste, on ne s’embête pas : les toilettes sont à la belle étoile et l’eau, qu’elle soit potable ou pour la douche, sort de la rivière. La propreté est assurée. Mais vivre à la lumière du jour n’est pas toujours chose aisée. Heureusement, les trois instigateurs du projet sont branchés éoliennes et ont donc pu en construire pour s’alimenter en électricité. Une certaine définition de l’agilité. 

Se loger et y voir clair, c’est sympa, mais qu’est-ce qu’on mange, bon sang ? Ne vous en faites pas pour ça, Uli Alto a tout ce qu’il faut ! Dans le village espagnol, on trouve des animaux à la pelle : chèvres, brebis et poules fournissent quotidiennement de quoi remplir les estomacs. Pour le reste, il y a le jardin collectif. Mais tout potager comporte son lot de risques : régulièrement, les récoltes sont piétinées et ravagées par les vaches et chevaux sillonnant librement les prairies environnantes. Mais là encore, la communauté parvient a trouvé une énième solution en pratiquant le glanage. Le glanage est un droit sur la production agricole autorisant à ramasser des fruits et graines tombées au sol. L’art de profiter des pertes oubliées. 

Chaque mois, la réunion de villages

Portés par l’exemple Uli Alto, de nombreux autres villages de la région ont suivi le pas vers l’indépendance. Un phénomène qui a pris de l’ampleur au fil des années à tel point que des réunions sont organisées chaque mois entre les patelin engagés. L’objectif : s’entraider dans les tâches quotidiennes et discuter de l’avenir des communautés. Car tout n’est pas rose pour ces ermites modernes. Protéger la nature demande de nombreux efforts et subsister dans un monde dicté par l’argent est loin d’être aisé. La mise en place d’une économie durable fait partie des priorités menant à l’autosuffisance. Et à ce niveau-là, le village de Lakabe est la vedette. Restauré il y a plus de 30 ans, Lakabe regroupe aujourd’hui près de 50 habitants faisant tourner l’économie grâce à la production et à la vente de nombreux aliments dont le pain bio. Si le chemin vers le respect de la nature est long et semé d’implacables embuches, ces villages prouvent que la volonté reste la reine des vies.

A Uli Alto, on s'amuse comme on peut (et visiblement tout nu)

Source image : © David Baché - RFI / forwardtherevolution.net

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