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Une "super-herbe" pour nettoyer les rots de vaches

Pourquoi la vache qui rit rote ?

Ecrit par Antoine Lebrun Publié le 9 nov. 2016

Une "super-herbe" pour nettoyer les rots de vaches

C’est de notoriété commune : les vaches polluent énormément. Mais contrairement aux idées reçues, la majorité de cette pollution ne provient pas des flatulences des bovins mais de leurs rots. La rumination d’herbe rejette inévitablement de grosses doses de méthane dans l’atmosphère, soit l'un des gaz les plus néfastes. Un phénomène que des scientifiques essayent aujourd'hui d’enrayer en développant des moyens de limiter ces rejets pollueurs. La vache qui rote.

L’environnement, qu’en pensent les vaches ? La réponse est aussi cinglante que la question est étrange : elles s’en tamponnent, elles rotent. Car avant de venir étaler leurs côtes sur les grilles de nos barbecues, les 1,5 milliards de vaches vivant sur Terre passent leurs journées à se goinfrer d’herbe. Herbe qu’elles ruminent des heures durant, c’est-à-dire qu’elles mâchent inlassablement. 

Jusqu’ici rien de bien méchant, sauf que cette rumination émet des gaz à effet de serre, dont beaucoup de méthane. Eh oui, contrairement aux idées reçues, le méthane ne sort pas des fessiers bovins mais bien des bouches. Ca casse un peu le côté insolite mais le problème est entier. En bref, les vaches ne polluent pas l’air en pétant mais en rotant. A vous de voir ce que vous préférez… Chaque année, une vache produit autant de CO2 qu’un trajet de 400 kilomètres en voiture. Les bovins roulent en 4 rots motrices. 

15 % des émissions néfastes mondiales

Sur un plan plus large, le bétail serait responsable d’environ 15 % des émissions de gaz à effet de serre de la planète d’après la FAO (l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture). En France, chacune des 8 millions de vaches présentes sur le territoire produit, en moyenne, 125 kilos de CO2 par an. 

S’il ne stagne pas aussi longtemps dans l’atmosphère que le dioxyde de carbone, le méthane est en revanche bien plus néfaste pour le climat. Et pas qu'un peu ! 

Le méthane retient 28 fois plus la chaleur dans l’atmosphère que le gaz carbonique Franck Mitloehner, spécialiste des émissions de gaz produites par l’agriculture à l’université UC Davis

La lutte contre la consommation de boeuf étant perdue d’avance, des scientifiques tentent de trouver des solutions pour modifier l’alimentation des bovidés et ainsi limiter leur impact sur l’environnement. Si, contrairement à nous, les vaches peuvent manger et digérer de l’herbe, c’est grâce à des bactéries présentes dans leurs intestins capables de changer l’herbe en fibres et méthane : les méthanogènes. La solution serait donc de supprimer ces méthanogènes sans toutefois retirer le bénéfice que ces microbes apportent aux bovins. Facile à dire. 

Algues, "super-herbe" et maïs

Parmi les idées développées dans ce but, certaines retiennent l’attention. En Australie, des chercheurs planches sur une algue capable de bloquer les sous-produits du méthane. Un peu plus près de chez nous, au Danemark, des scientifiques essayent d’inventer une "super-herbe" dont la digestion ne produirait pas de méthane tout en assurant le sentiment de satiété aux vaches. 

Mais parmi ces études, celle des chercheurs de la Penn State University détone. Pour eux, la solution réside dans la modification de ce qu’il se passe à l’intérieur-même des intestins. Grâce à un complément alimentaire, ces derniers sont parvenus à réduire de 30 % les émissions de méthane des vaches laitières. Point noir cependant : le nature reprend ses droits dès lors que le régime spécial est arrêté. 

Le meilleur moyen de rendre les vaches plus propres reste donc de les nourrir au maïs. Sauf qu’il y a un hic : le maïs a tendance à altérer la viande, tout en fragilisant la santé des bestiaux, raccourcissant ainsi leur espérance de vie. Une vache morte ne rote plus vous me direz mais le dilemme est horrible. Vivre salement ou mourrir proprement ? Telle est la question. 

Source image : © Photobucket / Pixabay / L'Express / ZNN

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