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La Google Car veut scotcher les piétons

Un bolide qui en a sur le capot...

Ecrit par Antoine Lebrun Publié le 20 mai 2016

Antoine Lebrun

La Google Car veut scotcher les piétons

La Google Car poursuit son apprentissage. Franche réussite depuis le lancement des essais, la voiture sans conducteur peut tout de même provoquer de rares accidents. Pour lutter contre les risques, Google a décidé de créer un capot adhésif afin de scotcher les piétons sur le pare-choc plutôt que de les envoyer dans le décor en cas d'accident. Un attrape-mouches grandeur nature.

2016, l’année de tous les possibles. Pendant que la réalité virtuelle s’emballe, Hyperloop nous fait bouger à la vitesse de la lumière et Curiosity nous envoie des images de notre ex-future planète. Parmi les sociétés les plus actives en matière de recherches et d’innovations, Google fait figure d’indétrônable mastodonte. On parle ici d’une boîte à 74 milliards de dollars de chiffre d’affaires et aux milliers de cerveaux géniaux. Autant dire que quand elle se lance sur un nouveau projet, on se tait et on admire le boulot. Et le défi qui excite la société actuellement, c’est la sécurité routière, notamment celle concernant les Google Cars, ces voitures sans conducteurs. En 2014, Google adaptait le papier attrape-mouches à l’être humain. Une invention aussi dingue que complexe qui a été brevetée hier par le gouvernement américain. On savait l’Homme volatil, mais tout de même…


Coller pour ne pas décoller

La Google Car est clairement l’avenir de l’automobile. Avec seulement 11 accidents mineurs en 6 ans pour près de 3 millions de kilomètres parcourus, la voiture sans pilote a de quoi combler tous les assureurs les plus pointilleux. Et pourtant. Le risque 0 n’existant pas, Google a décidé de minimiser les risques de dommages collatéraux en cas d’accident. L’idée est tombée comme un cheveu sur la soupe : "Eh les gars, si on mettait du scotch sur le capot des voitures pour éviter de tuer des gens ?" Il n’en faut pas plus pour changer le monde. Insolite mais non moins véridique. L’entreprise américaine l’explique dans son brevet : "lors d’un accident, le choc le plus souvent mortel n’est pas celui entre le corps du piéton –le plus souvent, les jambes- et le capot d’une voiture mais bien le second impact, lorsque le piéton retombe sur le sol après être passé au-dessus de la voiture, ou lorsque le conducteur freine brutalement et éjecte sa victime restée sur le capot." CQFD.


Des aberrations scotchantes

Loin d’être idiote, cette idée doit encore être soumise à la réalité. Et cette dernière promet de ne pas être tendre avec elle. D’abord, un véhicule recouvert de scotch double-face devrait très rapidement se retrouver recouvert des merveilles de la nature en terme d’insectes. Même constat pour les pauvres zozios qui auraient le malheur de se poser sur la carrosserie. On ne donne pas cher de leur joli plumage… Mais ces questions, Google y a pensé : une sorte de carapace protectrice qui exploserait au moment de l’impact est prévue. On ne comprend pas vraiment, mais soit. D’autant que la firme a omis de préciser, dans son brevet toujours, combien de temps sera nécessaire pour se libérer de l’emprise adhésive de la voiture.

Autre problème majeur : en cas d’impact avec un piéton, ce dernier se retrouverait donc collé sur le capot, très bien. Mais qu’adviendra-t-il de son pauvre corps lorsque la Google Car tamponnera joyeusement un mur après avoir percuté ce malheureux passant ? On l’imagine et ça ne fait pas rêver. Et donc impossible de faire du car-washing en sexy bikini sans rester collé... Inimaginable ! 


L’automobile, ce marché des idées étranges

Avant Google, d’autres sociétés ont tenté de révolutionner le marché de la sécurité routière. Souvent en vain. Si l’airbag, l’une des meilleures innovations des dernières décennies, reste critiqué pour sa faculté à briser des nuques aussi facilement qu’il ne sauve des vies, d’autres inventions méritent amplement leurs détracteurs. En 2006, le Britannique Jaguar inventait le capot explosif, censé accroître l’angle d’inclinaison du capot lors d’un choc pour que la victime puisse y être aussi à l’aise que dans son lit. En 2013, Volvo prévoyait de déployer un airbag extérieur sur l’avant de ses voitures en cas de collision. Si, dans l’imaginaire de la plupart d’entre nous, le dépôt d’un brevet est une idée qui se concrétise, la vérité est ailleurs. Chaque année, Google dépose près de 2000 brevets. Entre 3 et 5% d’entre eux voient le jour. Plus dure est la chute.

Source image : © newyorker.com

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